Dossier spécial 2020 :
Entrepreneurs for good

Le BlaBlaCar du pressing à domicile

Témoignage

Adrien Hugon, fondateur de Co Wash

Le BlaBlaCar du pressing à domicile

Faire laver son linge sale par ses voisins ! Telle est l'idée de Co Wash, start-up parisienne lancée fin 2016, qui s'invite dans les buanderies des particuliers. « Tout est parti d'un constat personnel. Je n'avais ni le temps ni l'envie de repasser mes chemises lorsque je rentrais chez moi le soir. J'aurais alors vraiment apprécié que l'on me propose un service de proximité, avec mes voisins par exemple, pour me libérer de cette tâche », explique Adrien Hugon, qui était alors salarié pour le fonds d'investissement Siparex. « J'ai étudié pas mal de dossiers de l'économie collaborative pendant cette période. J'étais très séduit par cette nouvelle manière de consommer, sans intermédiaires, et je me suis dit qu'il y avait sûrement des gens dans mon quartier qui pourraient être intéressés par un complément de revenu en lavant et repassant mes chemises. »

Le projet prend forme en 2016. Adrien quitte son job, il entre à l'incubateur de l'EM-Lyon (école dont il est diplômé), puise dans son bas de laine et lance une première version de son application début 2017. Le pitch ? Proposer une appli mobile qui permette de réserver un particulier à proximité de chez soi (un cowasher) qui vient récupérer, à votre domicile, votre linge sale, puis vous le ramène nettoyé et repassé sous 48 h. « La difficulté dans ce genre d'activités, c'est de rassembler une communauté et de créer de la valeur ajoutée », prévient Adrien, qui s'est fait aider par Réseau Entreprendre 93 et l'incubateur du Comptoir de l'innovation. Les débuts sont timides : mi-2017, Co Wash compte 200 utilisateurs par mois. « Ce n'était pas suffisant, il fallait changer d'échelle pour acquérir de nouveaux clients et de nouveaux cowasher. » L'entrepreneur lève 250 000 euros auprès de business angels, se fait connaître et parvient à rassembler plus de 1 000 cowashers sur Paris, et quelque 20 000 utilisateurs. En 2019, il développe l'activité à Lyon, Lille et Bordeaux. Dix autres villes devraient suivre. « Le modèle plaît. 60 % des utilisateurs renouvellent l'expérience. Il s'agit de jeunes cadres dynamiques n'ayant pas encore de femme de ménage mais portant des chemises au quotidien. Une autre cible est également apparue : les plus de 55 ans qui tissent du lien grâce à l'application et brisent parfois une certaine solitude. » De son côté, le cowasher reçoit 85 % du montant de la prestation (tarifée à la pièce, par exemple 1,40 euros pour la lavage d'un pantalon, 2,62 euros pour une chemise, etc.). Co Wash conserve pour sa part une commission de 15 %. Adrien Hugon n'est pas peu fier de l'impact positif de son entreprise. « Nous sommes dans l'économie de partage, l'activité permet une consommation humaine et crée du lien social. Il y a également une logique écologique : une machine à laver le linge tourne en moyenne 4 % du temps. Avec Co Wash, elle fonctionne 10 % du temps, ça permet d'optimiser et de mutualiser son utilisation. »

Éléments clés
  • Date de création : 2016
  • Activité : pressing collaboratif
  • Effectif : 8 personnes
  • Chiffre d'affaires : 1 million d'euros