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Dossier spécial 2019 :
Tech for good

Santé : un diagnostic très prometteur

Vivre plus longtemps et en meilleure santé ! Voilà bel et bien le défi du siècle en cours. Biotechs, medtechs, objets connectés, applications pour contrôler le diabète ou le poids... Les initiatives ne manquent pas.

D'après l'Insee, l'espérance de vie atteint 79,5 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes en 2017 en France. En 60 ans, les hommes comme les femmes ont gagné 14 ans d'espérance de vie en moyenne. Et ce n'est qu'un début. En 2070, tous passeront le cap des 90 ans ! L'allongement de l'espérance de vie, malheureusement corrélé à l'augmentation de maladies comme le diabète, les allergies, les cancers..., ouvre la voie à une nouvelle médecine, plus préventive, plus curative mais aussi plus technologique. Tout porte à croire que nous ne sommes qu'au début d'une nouvelle ère en termes de santé : demain, nous nous soignerons autrement. Grâce aux objets de tracking, tout sera enregistré, quantifié et analysé pour suivre au quotidien son poids, sa tension mais aussi l'évolution d'une maladie. La collecte et le traitement d'une multitude de données (big data) ouvriront la voie à des recherches inédites en médecine et en pharmacie. Elles permettront de personnaliser des traitements de la maladie de Parkinson, de détecter la molécule parmi tant d'autres à inclure dans un vaccin contre Ebola, de modéliser les mutations génétiques d'une tumeur cancéreuse. L'impression 3D permettra quant à elle de créer les organes malades d'un patient pour que les chirurgiens s'entraînent avant leur intervention.

Reproduction en 3D d'organes

Certaines de ces innovations sont déjà lancées ou dans les tuyaux. Sidarth Radjou a ainsi créé en 2015 Biomodex, qui fait de l'impression 3D d'organes (muscles, os, veines, tendons, ligaments) pour permettre au corps médical de s'exercer la veille d'une opération. L'objectif : réduire le risque opératoire le jour J. Sa start-up, remarquée par la MIT Technology Review, qui récompense chaque année les technologies de rupture à même de changer la face du monde, a de l'avenir devant elle. De même que Exact Cure, qui a créé une application générant un jumeau digital pour offrir une médication personnalisée, ou Cardiologs, qui développe une solution d'interprétation automatique des électrocardiogrammes, ou encore Pkvitality, qui a mis au point une montre connectée capable de mesurer le taux de glycémie dans le sang.

L'épineuse question du secret professionnel

REPÈRES / CHIFFRES CLÉS

  • Chiffre d'affaires du secteur en 2017 : 550 millions d'euros.
  • 70 % des Français souhaitent pouvoir prendre leurs rendez-vous en ligne.
  • 100 000 applications mobiles e-santé lancées en 2016.
Sources : Xerfi-Precepta , Harris Interactive

Tous les acteurs de la santé doivent donc s'attendre à une révolution numérique déjà amorcée par des dizaines de start-up. Restent cependant plusieurs inconnues. Comment les patients accepteront-ils ces nouvelles techniques : 93 % des Français sont réticents à l'idée de révéler leurs données de santé. Quant aux start-up, comment vont-elles contourner l'obstacle du secret professionnel ? Pour mettre au point leurs algorithmes ou leurs applications, elles ont besoin de milliers de données, souvent confidentielles et protégées. Si le marché de l'e-santé promet d'être gigantesque (le cabinet Grand View Research table sur un chiffre d'affaires de 400 milliards d'ici à 2022), il reste encore bien des freins à lever.

Témoignage

Nicolas Mignan,
fondateur de VirtualiSurg

Sauver des vies lors des interventions chirurgicales

S'inspirer des simulateurs de vol pour permettre aux chirurgiens de s'entraîner et de se former aux techniques opératoires ! Voilà l'idée inspirante de VirtualiSurg, créée en mai 2017 par Nicolas Mignan. Cet ancien prof de droit, qui a roulé sa bosse dans le monde universitaire, notamment au sein du Pôle santé de l'université Paris Descartes, a toujours travaillé avec des facultés de médecine et des hôpitaux universitaires. « Je suis parti d'un double constat : la part de risques liés à toute intervention chirurgicale et le potentiel offert par la réalité virtuelle. » Avec ses équipes, et aidé par plusieurs chirurgiens, il crée un simulateur de chirurgie en immersion 4D. « L'utilisateur met un casque de réalité virtuelle : il est projeté dans un bloc virtuel et doit réaliser un acte opératoire courant mais à risque avec de véritables instruments de chirurgie et une équipe de soignants. La solution injecte des incidents au fil de l'opération, l'utilisateur est corrigé et évalué pendant toute la séance de training. » Résultat : au terme de 20 séances d'une demi-heure, un jeune chirurgien passe du stade de novice à celui d'expert. « Notre simulateur permet de se former en respectant le principe du "Jamais la première fois sur le patient" et de réduire la part d'accidents. »

Précurseur ! Surtout quand on sait que les erreurs médicales sont la 3e cause de décès après les maladies cardiovasculaires et le cancer, et représentent 400 000 morts par an. Face à de tels enjeux de santé publique, VirtualiSurg n'est pas passée inaperçue. La start-up a obtenu plusieurs prix et subventions (BpiFrance, Réseau Entreprendre...) et a été accélérée par Wilco et Station F. Elle s'apprête à lever 1,5 millions d'euros en 2019 pour partir à l'international et convaincre de grands groupes industriels de vendre ses simulateurs. « Nous avons déjà des clients et des contrats avec plusieurs industriels et hôpitaux. Notre projet n'est pas une douce rêverie, nous gagnons de l'argent et sentons un réel intérêt pour notre produit », argumente Nicolas Mignan dont l'objectif est de devenir leader sur le marché, mais aussi de faire rayonner le savoir-faire français dans le domaine de la chirurgie dans le monde. Une démarche à la fois visionnaire et surtout... humaniste.

Éléments clés
  • Date de création : mai 2017.
  • Localisation : Paris.
  • Effectif : 10 personnes.
  • Chiffre d'affaires prévisionnel 2019 : 2 millions d'euros.

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