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Dossier spécial 2019 :
Tech for good

FoddTech : Quand la technologie s'invite à table

Livraison de repas, nouveaux circuits de distribution, nutrition innovante, transformation des aliments, réservation de restaurants... Les start-up bousculent notre façon de manger et l'emmènent sur des terrains inexplorés.

C'est un marché alléchant, si ce n'est juteux ! La FoodTech, qui regroupe tous les projets innovants et technologiques dans l'alimentaire, de la production à la vente en passant par la fabrication, est en plein essor. D'après le cabinet Xerfi, le chiffre d'affaires du marché français devrait ainsi quintupler pour passer de 200 millions d'euros en 2016 à 1 milliard d'euros en 2020. Le secteur devrait par ailleurs connaître une croissance de 5,28 % par an à l'horizon 2022. Avec de telles perspectives, rien d'étonnant à ce qu'il attire de nombreux entrepreneurs. D'après Digital Food Lab, agence conseil spécialisée dans le secteur, le nombre de créations de start-up a ainsi été multiplié par 3 entre 2014 et 2017. « On en recense plus 470 en 2017 ; elles sont principalement positionnées dans les modèles de la livraison, de l'innovation produit et des nouvelles formes de distribution », indique Matthieu Vincent, cofondateur de Digital Food Lab.

La livraison en tête de la course

Il y en a en effet pour tous les goûts, et les idées ne manquent pas pour répondre à la demande de consommateurs toujours plus pressés, avides de « bien manger » sans pour autant se déplacer. Frichti, PopChef, Foodchéri proposent ainsi des services de livraison de repas en privilégiant la rapidité et la qualité des produits. De son côté, Meet My Mama s'est spécialisée dans la préparation de repas réalisés par des femmes au foyer issues de l'immigration ou des réfugiées.

Le retour à une alimentation plus responsable émerge également : les solutions anti-gaspi (lire aussi le témoignage ci-contre) et les offres en circuits courts explosent. Avec son application en temps réel, Optimiam informe par exemple les utilisateurs sur les invendus des commerces de proximité. Quant à Epicery, la start-up propose un service de livraison (encore) de produits frais provenant des commerçants de quartier.

L'innovation produit est elle aussi en plein essor. On assiste au développement de start-up qui se spécialisent dans les repas complets « sans » (gluten, lactose, OGM...), comme Feed, ou prêts à consommer, comme les cubes de légumes de Carrés Futés.

REPÈRES / CHIFFRES CLÉS

  • 472 start-up existantes en 2017.
  • Chiffre d'affaires prévisionnel du secteur en 2020 : 1 milliard d'euros.
  • Taux de défaillance des entreprises entre 2016 et 2017 : 28 %.
Sources : Xerfi et DigitalFoodLab

Si les projets sont nombreux, variés et quasi sans limites, la viabilité des business models reste encore à démontrer. Avec un taux de défaillance de 28 % des entreprises entre 2016 et 2017, la FoodTech connaît son lot d'échecs, comme l'ont montré les faillites de Take Eat Easy, Tok Tok Tok et Fetch. « En ce qui concerne le secteur de la livraison, beaucoup d'entrepreneurs négligent les frais de livraison qui sont exorbitants en France. Et de façon plus générale, il faut avouer que certains acteurs du secteur, notamment la grande distribution, sont hermétiques à toutes ces nouveautés », constate Matthieu Vincent. Et d'ajouter : « Le secteur a besoin de se structurer. Il offre encore de très belles opportunités dans des activités inexplorées comme l'agriculture urbaine sur les toits ou la nutrition personnalisée en fonction de son génome. »

Témoignage

Lucie Basch,
fondatrice de Too Good to Go

« Bien manger sans se ruiner. »

Trop bon pour être jeté ! Voilà littéralement la traduction – et le slogan – de Too Good to Go. Créé en juin 2016 par Lucie Bash (24 ans à l'époque), la start-up a lancé une application qui permet aux restaurateurs, aux commerces de bouche et aux supermarchés de proposer leurs invendus du jour à un prix cassé. Grâce à la géolocalisation, les utilisateurs peuvent ainsi récupérer en fin de service des denrées qui, sinon, auraient fini à la poubelle. « C'est une solution toute simple qui connecte les commerçants et les particuliers. Elle évite aux premiers de jeter des produits encore consommables en faisant un petit bénéfice et permet aux seconds de se nourrir de façon économique à travers un geste citoyen », explique la jeune créatrice. En se connectant à l'application, l'utilisateur est informé des commerces ou des restaurants qui ont des invendus. Et pour 3 ou 4 euros maximum, il peut par exemple récupérer à la fermeture d'une boulangerie un panier contenant un sandwich, une baguette, une viennoiserie et une tartelette. Rentable, pratique, écolo et gagnant-gagnant pour tout le monde !

Cette idée n'est pas née du hasard. Lucie Bash a débuté sa carrière chez un géant industriel de l'agroalimentaire. « Dans l'usine, j'étais chargée d'améliorer les process pour doper la productivité. Ce qui se résumait en fait à produire plus vite et moins cher, sans tenir compte de l'impact sur la consommation d'énergie et la masse de déchets produits », se souvient-elle. Choquée par de telles pratiques, Lucie Bash quitte son poste et part vivre en Scandinavie, où elle lance le concept de Too Good To Go. Encouragée par le succès de l'application et par l'adoption de la loi Garot contre le gaspillage alimentaire de février 2016, elle décide de rentrer en France pour développer son projet. La suite ? Un développement rapide et efficace.

Too Good To Go fédère aujourd'hui 4 500 partenaires sur toute la France, de la boulangerie de quartier au supermarché en passant par le petit restaurant de sushis. « Nous « sauvons » en moyenne 20 000 repas par jour », poursuit la dirigeante, fière d'indiquer que 3 millions de personnes ont téléchargé l'application. Rentable depuis ses débuts (la start-up prélève une commission fixe de 1 € sur chaque transaction), Too Good To Go, incubée à son lancement chez Smart Food Paris et subventionnée par BpiFrance, entend se développer sur tout le territoire. « Le marché est prometteur. Plus de 100 000 commerçants pourraient potentiellement utiliser notre application. » Mais le plus grand espoir de Lucie Bash est évidemment de traiter le gaspillage alimentaire à la source... chez les géants de l'agroalimentaire.

Éléments clés
  • Date de création : juin 2016.
  • Localisation : Paris.
  • Effectif : 40 salariés.
  • 20 000 repas « sauvés » par jour.

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