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Dossier spécial 2019 :
Tech for good

Environnement : l'urgence de préserver la planète

Recyclage, efficacité énergétique, traitements de l'eau, écomobilité, économie circulaire... De plus en plus d'entreprises créent des solutions innovantes pour lutter contre le réchauffement de la Terre, la pollution, la surconsommation et le gaspillage.

La terre va mal, de plus en plus mal. On le sait, et malgré une prise de conscience générale, notamment politique, l'humanité continue de puiser à outrance dans ses ressources naturelles. En 2018, l'ensemble de la population mondiale avait épuisé dès le 8 août les ressources que la nature peut renouveler en un an. Dans les années 1970, le « jour du dépassement » était le 29 décembre. À ce rythme-là, nous vivrons bientôt « à crédit » en permanence, et si rien ne change, il faudra en 2030 l'équivalent de deux planètes pour subvenir à nos besoins. Mais l'espoir est permis. Si nous réussissons à faire reculer de 4,5 jours par an la date fatidique, nous pourrions, d'ici 15 ans, retrouver un équilibre de consommation des ressources.

Vers un futur plus vert

Des solutions existent d'ores et déjà, portées par des centaines de start-up décidées à conjuguer écologie (au sens large) et numérique du futur. « Les entreprises Green Tech s'appuient sur les technologies et l'ingénierie de pointe pour réduire l'impact de l'homme sur la Terre. Elles agissent dans différents domaines : l'énergie, les transports, le bâtiment, l'urbanisme, l'agriculture... », explique Patricia Laurent, cofondatrice de Green Univers, spécialiste de l'information économique sur la transition énergétique en France.

Dans le secteur de la consommation d'énergie, les jeunes pousses sont nombreuses tant le marché est prometteur. Parmi elles : eLichens et ses solutions de purification de l'air qui permettent de détecter, surveiller et prédire les polluants et la qualité de l'air respiré par les citadins. Ou encore Energiency et son logiciel d'analyse de performance énergétique des usines. Ses capteurs intelligents placés aux quatre coins d'un local mesurent en temps réel la consommation d'électricité, d'eau, de gaz... et permettent, par exemple, de repérer une fuite d'eau avant que la facture n'explose.

REPÈRES / CHIFFRES CLÉS

  • 689 start-up recensées en 2017.
  • 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année.
  • Entre 70 000 et 130 000 tonnes de microplastiques sont déversées dans la mer tous les ans.
Sources : Green Univers, Ademe

Les concepts destinés à lutter contre le changement climatique ne manquent pas non plus. Urban Canopee, incubée à Station F, propose ainsi d'installer des canopées végétales au-dessus des villes afin de combattre les îlots de chaleur, de lutter contre la pollution de l'air et de rétablir la biodiversité urbaine. Lumi'in conçoit, développe et vend pour sa part des lampadaires solaires autonomes aux collectivités. Plus propres, moins coûteux à l'usage et ne nécessitant pas de travaux de raccordement, ils sont aussi intelligents. Équipés de capteurs, ils peuvent ainsi mesurer la quantité de pluie tombée afin d'annuler un arrosage automatique ou lancer une alerte si une rivière sort de son lit.

Dans le domaine du recyclage, des initiatives originales apparaissent, comme celle de Canibal, qui a mis au point une machine capable de reconnaître les déchets, de les trier et de les compacter. La toute jeune Backacia, startup lancée en août 2017 et elle aussi incubée à Station F, a de son côté créé une plateforme web dédiée au réemploi des matériaux et des équipements de chantier. Un marché peu exploré jusqu'alors, mais porté par l'obligation, inscrite dans la loi de transition énergétique, de valoriser 70 % des déchets du BTP en 2020.

Témoignage

Gabriel Della-Monica,
fondateur d'Hydrao

Douche écolo à tous les étages

Plus de 120 € d'économies sur les factures d'eau et d'électricité par an ! Voilà la promesse de la société Hydrao créée en 2015. Cette start-up grenobloise a conçu un pommeau de douche connecté qui permet de surveiller sa consommation d'eau en temps réel grâce à un système lumineux qui change de couleur en fonction du volume d'eau utilisé. « Par exemple, jusqu'à 10 litres d'eau, le pommeau est vert. Il passe au bleu entre 10 et 20 litres d'eau et au rouge au-delà. L'utilisateur règle lui-même les paramètres du pommeau de douche sur une application mobile », explique Gabriel Della-Monica, fondateur et CEO de l'entreprise. Primé à deux reprises aux CES 2016 et 2017 de Las Vegas, le produit a rapidement suscité l'engouement du grand public. « Nous permettons aux particuliers de consommer moins d'eau de façon ludique et pédagogique. Avec notre produit, la consommation d'eau par douche descend à 17,8 litres contre en moyenne plus de 60 litres. Quant aux factures, elles sont divisées par trois. » Avec de tels arguments, l'entreprise a écoulé ses pommeaux comme des petits pains : plus de 20 000 ont été vendus en 2 ans en France et à l'étranger.

Désireux de cibler un marché plus large, et conscient de l'impact environnemental de son produit, Gabriel Della-Monica a rapidement vu grand et loin. La société propose dorénavant des solutions globales pour cibler les professionnels qui souhaitent gérer de manière plus intelligente l'eau et ainsi faire des économies. En 2018, elle a lancé Hydrao Meter : un capteur d'eau intelligent qui, couplé à une solution logicielle, offre une visualisation en temps réel de l'ensemble de la consommation d'eau d'un bâtiment. « Le développement durable et les économies d'énergie deviennent une préoccupation majeure pour les groupes hôteliers, les acteurs du logement ou les collectivités du monde entier », poursuit Gabriel Della-Monica, qui a levé 2 millions en septembre 2018 auprès du fonds d'investissement Inco pour accélérer son développement sur le marché BtoB. Plusieurs contrats et partenariats ont d'ores et déjà été signés. Le groupe Pierre Vacances-Center a équipé 90 hébergements du Village Nature Paris avec les pommeaux connectés. Un partenariat a aussi été conclu avec l'organisation Hostelling International USA, qui va implanter Hydrao dans des auberges de jeunesse. Côté logement, l'entreprise a signé un contrat à Singapour pour équiper 5 000 appartements de 10 000 pommeaux. Le petit pommeau est face à un marché mondial, que Gabriel Della-Monica entend bien conquérir.

Éléments clés
  • Date de création : 2015.
  • Localisation : Grenoble.
  • Effectif : 12 salariés.
  • 20 000 pommeaux vendus.

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routard@lesechos.fr

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