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Dossier spécial 2019 :
Tech for good

Education : la connaissance et l'apprentissage pour tous

MOOC, cours en ligne, soutien scolaire, formation professionnelle... Grâce à la transformation digitale, l'éducation devient accessible à tous, partout, n'importe quand.

Le marché de l'éducation et de la formation est en pleine ébullition. Porté par de nombreux rapports politiques et différents appels à projets, il ouvre de belles perspectives. D'après une étude réalisée par Deloitte Digital, le nombre de start-up proposant des cours à distance, utilisant l'intelligence artificielle ou Internet pour adapter la pédagogie au numérique, a augmenté de 47 % en 3 ans. Elles sont aujourd'hui 242 en France à cibler un public de particuliers (enfants, étudiants, adultes) et de professionnels (entreprises, universités...).

La formation continue, tout au long de la vie, concentre une partie du marché. Plusieurs start-up proposent ainsi des cours « intelligents » aux adultes et/ou aux entreprises, comme OpenClassrooms, Skillup, Team Learning, Nisop ou 360 Learning. Cette dernière permet aux entreprises et aux établissements de l'enseignement supérieur de créer et diffuser leurs propres formations. Elle propose également une marketplace dédiée à la formation professionnelle avec des MOOC de HEC, Sciences Po ou Polytechnique. CoorpAcademy a de son côté conçu et développé une plateforme de contenus de formation en ligne pour les entreprises, appelés COOC (Corporate Open Online Courses). Son catalogue de formations, présenté à la « Netflix », comprend plus de 750 cours coproduits avec des partenaires et éditeurs de contenus, parmi lesquels Aufeminin, Bescherelle, IBM, Euronews, Les Éditions Dunod, Eyrolles...

Apprendre le codage informatique dès 6 ans

Sur le créneau de l'éducation, les innovations sont pléthoriques, elles visent autant les élèves que les parents ou les enseignants. Plusieurs concepts originaux ont ainsi émergé pour aider toutes ces cibles potentielles d'utilisateurs. Digischool se qualifie ainsi d'école après l'école. L'entreprise propose sur Web et mobile des préparations aux brevet, bac, code de la route et un nouveau parcours d'orientation pour accompagner les élèves et leur famille. Magic Makers joue pour sa part la carte de l'informatique dès le plus jeune âge. La start-up a lancé des stages de code informatique pour les enfants dès 6 ans. Les futurs Steve Jobs créent leurs animations et leurs jeux vidéo grâce à une pédagogie ludique. Quant à New School, elle propose une application qui permet aux enseignants de vérifier la présence des élèves en classe et de signaler leur absence aux parents.

REPÈRES / CHIFFRES CLÉS

  • 242 start-up existantes en 2017.
  • Ventilation des activités : formation tout au long de la vie (58 % des projets), scolaire et parascolaire (42 %), et enseignement supérieur (34 %).
  • Chiffre d'affaires moyen des start-up : 276 000 €/an.
Source : Observatoire de la Edtech, Deloitte Digital

Faire bouger les mentalités

Si, pour beaucoup d'experts, la EdTech est considérée comme un nouvel Eldorado, plusieurs freins demeurent. À commencer par les mentalités. Les professionnels de l'Éducation nationale, bien que plus ouverts aux évolutions numériques, restent sur leurs gardes. Les nouvelles technologies sont encore loin d'avoir franchi la porte des classes. Quant aux utilisateurs, ils sont un peu submergés par toutes ces nouvelles plateformes, et se contentent pour beaucoup de tester les offres. La principale difficulté des start-up consistera donc à transformer ces curieux d'un jour en vrais abonnés.

Témoignage

Sarah Besnaïnou et Julien Cohen-Solal,
fondateurs de Kartable

L'école gratuite en un clic

Les « Merci ! », les smileys et les emoji en forme de coeur pleuvent tous les jours sur le compte Twitter de Kartable. Avec 97 % de réussite au bac 2018 (dont 2/3 de mentions) et des notes qui grimpent en moyenne de 3,7 points sur une année, les collégiens et lycéens utilisateurs de la plateforme n'en finissent pas d'envoyer des mots doux à Kartable. Tous doivent une fière chandelle à Sarah Besnaïnou et Julien Cohen-Solal, qui ont eu la bonne idée de créer en 2013 cette plateforme de cours en ligne.

« Nous donnions des cours particuliers de maths. Nous avons constaté deux choses : une forte demande de la part des élèves mais un prix trop élevé (seul ¼ des lycéens ont les moyens de payer des cours à domicile). Nous nous sommes dit que les nouvelles technologies étaient le seul moyen de créer une plateforme d'apprentissage gratuite de la 6e à la terminale », raconte Julien Cohen-Solal, qui a rencontré Sarah Besnaïnou sur les bancs d'HEC. En quelques mois, les deux fondateurs convainquent 200 profs d'écrire et de fournir des cours digestes, toutes matières confondues, et les mettent en ligne. Les élèves y trouvent tous les cours de leur niveau, des méthodes, des exercices corrigés, et se passent rapidement le mot.

Résultat : 1 million d'utilisateurs fréquentent le site et l'application tous les jours, et 1 élève français sur 3 va y réviser ses cours ou y chercher son salut. « Nous nous sommes inspirés de l'univers et des mécanismes des jeux vidéo pour casser le modèle du manuel scolaire. Il ne s'agit pas de faire croire aux élèves qu'ils jouent à Tetris mais de faciliter leur mise au travail en leur évitant d'avoir à tourner les pages d'un livre », poursuit Sarah Besnaïnou, qui se défend des attaques formulées par certains enseignants. « On ne prétend pas remplacer l'humain ni les profs, mais on dégrossit le travail et on démocratise l'accès à l'apprentissage. » Avec souvent de vraies satisfactions personnelles, notamment quand des élèves en décrochage scolaire leur envoient des messages pour leur signaler qu'ils reprennent leur scolarité. « C'est là qu'on se dit qu'on a un impact positif », clame Julien Cohen-Solal. Kartable emploie aujourd'hui 30 personnes et, après 2 levées de fonds de 1 million d'euros chacune auprès de Partech Ventures, elle entend encore améliorer son produit. « Nous comptons sur l'intelligence artificielle pour adresser de façon encore plus personnalisée chaque profil d'élèves », indique Julien Cohen-Solal, qui espère bien maintenant déployer Kartable en Europe et en Afrique, où les besoins et le potentiel de développement sont gigantesques.

Éléments clés
  • Date de création : 2013.
  • Localisation : Paris.
  • Effectif : 30 personnes.
  • 1 million d'utilisateurs.

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