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Dossier spécial 2019 :
Tech for good

Agriculture : La révolution numérique gagne les champs

Drones, robots désherbeurs, logiciels, capteurs connectés... Toutes ces nouvelles technologies facilitent la vie des exploitants et leur permettent de développer une agriculture plus durable.

Has been les agriculteurs ? Au contraire, ce sont de vrais geeks ! Selon le dernier rapport agriculture-innovation 2025 du ministère de l'Agriculture, 79 % d'entre eux utilisent Internet, ce qui est plus que la moyenne française, et 70 % installent des applications professionnelles sur leur téléphone. Ces statistiques prouvent que l'AgTech, la filière agricole de la French Tech, est promise à un bel avenir. Les organisateurs du Salon de l'agriculture le constatent déjà sur le terrain : ils ont vu l'espace consacré aux nouvelles technologies, Agri 4.0, quadrupler de taille en 3 ans. En 2015, l'espace n'accueillait que 5 start-up contre 20 lors de l'édition 2018. Les jeunes pousses s'organisent elles aussi de leur côté. Une trentaine d'entre elles ont rejoint La Ferme digitale, une association qui fait la promotion de l'innovation et du numérique dans le monde agricole. L'idée : imposer de nouveaux business models pour développer une agriculture durable. Et le défi est de taille. D'ici à 2050, l'agriculture devra en effet nourrir plus de 9 milliards de personnes dans le monde. Il faudra donc produire plus et mieux avec moins.

La Data au service des agriculteurs

Les entreprises du digital l'ont bien compris et leurs intentions sont claires : faciliter le travail de l'agriculteur, améliorer les performances des exploitations et réduire l'utilisation de pesticides et d'engrais. Résultat, les initiatives pullulent. Les places de marché et sites de commerce spécialisés se multiplient : votremachine.com, efarm.com, Farmitoo ou Agriconomie. Cette dernière, créée en 2014, propose par exemple 1 500 références d'outils, semences, pièces détachées, tenues de travail, nutriments pour les animaux...

REPÈRES / CHIFFRES CLÉS

  • 4 millions d'ha, estimation des hectares pouvant être gérés à l'avenir en agriculture de précision en France (sur un total de 15 millions d'ha de cultures annuelles), contre 150 000 ha actuellement.
  • 70 % des agriculteurs installent des applications professionnelles sur leur téléphone.
  • 65 % des agriculteurs français songent à s'équiper en objets connectés.
Sources : InVivo et ministère de l'Agriculture

Les objets connectés et les logiciels facilitant le travail et l'analyse des données ont eux aussi le vent en poupe. Hostabee a, par exemple, conçu un boîtier connecté qui permet aux apiculteurs de disposer d'infos en temps réel sur la vie et l'activité à l'intérieur des ruches. Quant à Ekylibre, elle a mis au point un logiciel qui permet de gérer de A à Z l'ensemble d'une exploitation agricole.

On assiste également à la multiplication des robots, en l'air comme sur terre. Airinov propose ainsi des drones agricoles qui survolent les champs, captent des données (azote, biomasse...) et permettent ensuite aux agriculteurs de mieux traiter leurs parcelles. Quant à Naïo Technologies, ses robots désherbeurs sillonnent les parcelles de poireaux ou de pommes de terre pour soulager les agriculteurs et améliorer leurs conditions de travail. Mais pas seulement ! Au-delà de réduire la pénibilité du travail, les robots de Naïo sont aussi écolos. Avec eux, plus besoin de produits phytosanitaires pour désherber : les engins, commandés à distance par une télécommande, grattent la terre mécaniquement et rasent tout sur leur passage.

Témoignage

Jérôme Le Roy,
cofondateur de Weenat

Des capteurs connectés pour aider les agriculteurs à mieux produire

Les chiens ne font pas des chats ! La preuve avec Jérôme Le Roy. Après s'être expatrié en Inde, en Turquie, au Japon, et avoir créé une entreprise d'électronique, ce petit-fils d'agriculteur a décidé de revenir sur ses terres natales en 2014. « Soit je rachetais une ferme, soit je lançais une société dans le secteur des AgTech ! »

Il choisit la seconde option, conscient qu'une nouvelle génération de jeunes agriculteurs, ultraconnectés, prend la relève. « Je suis passionné par l'agronomie et les nouvelles technologies. Je sais aussi que les conditions météorologiques peuvent avoir des conséquences désastreuses sur une récolte, donc sur les ressources financières des agriculteurs. »

Avec son associé, il crée Weenat (We pour « nous », E pour « électronique » et Nat pour « nature ») en 2014 et invente un capteur connecté qui mesure la pluviométrie et l'hydrométrie des parcelles. « Chaque capteur est relié à une application qui permet à l'agriculteur d'avoir un tableau de bord lui permettant, par exemple, d'ajuster les plages horaires d'irrigation de ses champs, d'optimiser la date de semis ou de traiter les sols au bon moment. » Accompagnée par La Cantine numérique, Réseau Entreprendre et Eura Technologies, la petite start-up fait les bons choix. Elle développe de nouveaux capteurs pour mesurer la vitesse du vent, la température du sol ou son humidité, et lance une plateforme logicielle qui collecte, traite et analyse toutes les données recueillies. « La prise de décision est plus rapide, les ressources sont optimisées (eau, intrants, carburant) et l'agriculteur gagne en temps et en confort de vie », poursuit Jérôme Le Roy.

Bien vu ! Weenat séduit rapidement les propriétaires de petites et grandes exploitations mais aussi les viticulteurs, les arboriculteurs et la filière maraîchère. Plus de 2 700 capteurs sont aujourd'hui installés en France et en Europe (Espagne, Italie, Belgique) et quelque 2 000 utilisateurs utilisent les solutions Weenat. Ce n'est qu'un début. Avec 450 000 agriculteurs en France et plus de 1 milliard dans le monde, la petite entreprise a l'avenir devant elle. « Nous avons une place légitime dans l'écosystème de l'AgTech au niveau mondial. Pour franchir ce cap, nous devons nous rapprocher d'investisseurs français tout en restant indépendant dans notre fonctionnement et nos prises de décision », conclut Jérôme Le Roy.

Éléments clés
  • Date de création : 2014.
  • Localisation : Nantes.
  • Effectif : 20 salariés.
  • 2 000 utilisateurs, 2 700 capteurs installés.

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