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Dossier spécial 2016 : Démarrer
en mode « start up »

Misez sur la collaboration pour coentreprendre

Open Innovation, économie du partage, coworking… : le temps de l'entreprise secrète et cloisonnée semble avoir vécu. En tête de file de ce mouvement, on retrouve, une fois de plus, de jeunes créateurs de startup. Leur crédo ? L'union fait la force. Habitués dès leurs premiers pas d'entrepreneurs à travailler groupés, via les incubateurs, bercés au rythme des réseaux sociaux, c'est tout naturellement qu'à l'heure de faire grandir leur entreprise, ces nouveaux patrons décident de poursuivre le mouvement. L'intérêt du partage ? Multiple ! Ces entreprises qui choisissent le collaboratif plutôt que le secret peuvent se regrouper pour décrocher de nouveaux contrats, répondre à un appel d'offre, mutualiser des locaux, des compétences, etc.

« Ce mode de fonctionnement est très ancré dans l'ADN des startups, confirme Michel Coster (EMLYON). Elles ont presque tout naturellement une approche collaborative, en travaillant par exemple avec des autoentrepreneurs aux compétences bien ciblées, qui leur permettent de développer un site web, de communiquer, etc., sans avoir besoin d'embaucher tout de suite. » Une démarche ouverte, décloisonnée, qui leur permet de s'appuyer sur des compétences pointues mais sans alourdir leur structure, le temps de trouver le produit, le service adéquat et de lancer leur activité en « grand ».

On trouve cette même stratégie collaborative dans les partenariats plus ou moins formels tissés entre entreprises dans le cadre de la coconception de produit. Ainsi, une startup (RVB) qui souhaitait lancer un sac de frappe connecté a fait appel au fablab (atelier de fabrication numérique) d'ICI Montreuil pour concevoir le prototype du sac, ainsi qu'à une autre startup, Letmeknow, pour les compétences électroniques (les cartes et puces programmables). De nombreuses jeunes entreprises se rapprochent également de manière plus ponctuelle pour lancer des collaborations. France Hureaux, la créatrice de Zelip, une startup qui facilite l'identification d'artisans d'art pour des projets de décoration ou de rénovation, a ainsi fait appel à sa communauté d'artisans pour la conception d'un stand lors du prestigieux salon Maison et Objet. Elle a également noué des partenariats avec d'autres startups dans l'univers de la décoration, notamment pour de l'échange de visibilité.

Si ces fonctionnements collaboratifs sont fréquents au sein des incubateurs, les entrepreneurs de tous types d'entreprises ont tout à gagner à s'inspirer de ces modèles. Des TPE de l'agroalimentaire pourraient ainsi « chasser » en meute pour décrocher des marchés à l'export. D'autres encore peuvent se lier pour recruter à temps partagé un designer, un DAF, etc. Une dernière piste, moins connue, mais tout aussi pertinente sur le mode collaboratif ? Les CAE (Coopératives d'Activité et d'Emploi), des groupements d'entrepreneurs atypiques. Ces créateurs ont la particularité d'être à la fois autonomes dans la création et le développement de leur activité, tout en bénéficiant du statut de salarié de la CAE. Au sein de ces structures, les collaborations et partenariats plus ou moins formels sont monnaie courante et permettent d'augmenter la force de frappe de chacun. La preuve que solidarité et business ne sont pas antinomiques !

Témoignage...

Boris Mounet, At Home

« Transposer l'économie du partage à l'écosystème des entreprises. »

En poussant les portes d'At Home, on pourrait avoir l'impression de pénétrer dans une sorte d'incubateur d'entreprises classique. Si l'esprit est proche, la structure est plus atypique. At Home, c'est en effet 250 m2 au coeur de Toulouse, hébergeant 5 startups (Meet My Designer, Ateliers Tersi, City Zen Farm, Schoolmouv, Yestudent) et leurs 30 salariés. « Nous étions tous dans la même situation : nous sommes des entrepreneurs qui avons bénéficié durant notre phase de création de l'hébergement et de l'accompagnement au sein d'un incubateur. Mais on ne peut y rester indéfiniment, explique Boris Mounet, fondateur de Meet My Designer. Certes, nous avions les moyens de payer un loyer seuls, mais nous n'avions pas envie de nous passer du côté émulation qui règne dans un incubateur. » Les 5 startups ont donc décidé de se grouper pour trouver un local, mutualiser certains équipements… et même beaucoup plus : l'échange de savoirs et de techniques propres au monde des startups avec pour objectif la croissance des entreprises à travers le partage des expériences et des connaissances. « En créant At Home, nous avons lancé un écosystème startup collaboratif. Actuellement, par exemple, nous rassemblons un réseau de plus de 150 entrepreneurs, tous innovants dans leur domaine, à qui nous proposons différents services : des conférences métiers, des temps de rencontre, et même des prestations à tarifs préférentiels (assurance, comptabilité…) que nous avons négociés auprès de partenaires. » Parmi les 5 startups fondatrices d'At Home, la collaboration va même plus loin : « Nous développons certaines offres communes. Par exemple, Meet My Designer et Ateliers Tersi vont sortir ensemble une ligne de souliers, ce qui réunit nos savoir-faire, explique Boris Mounet, qui a par ailleurs lancé l'antenne toulousaine du Moovjee (Mouvement des Jeunes Entrepreneurs). Yestudent et une autre startup du réseau, Guide Like You, sont en train de monter une offre commune dans le domaine du tourisme.» Open Source, open innovation, échange de carnet d'adresses ; dans cette ruche toulousaine, le doute n'est plus permis : le temps des entreprises fermées sur elles-mêmes a vécu. « L'économie du partage de type Airbnb est en plein développement, et nous appliquons simplement ce fonctionnement du partage, du collaboratif, à l'écosystème entrepreneurial », résume ainsi l'entrepreneur.

Éléments clés
  • 5 startups, 30 salariés.
  • 150 entrepreneurs au sein du réseau.

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