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Dossier spécial 2018 :
Il n'y a pas d'âge pour changer de vie

Entreprendre à tout âge

Même si les aspirations et les motivations sont différentes, l'envie d'entreprendre est présente chez toutes les générations. À 20 ans comme à 60 !

Environ 37 ans ! Tel est, d'après l'AFE (Agence France Entrepreneur), l'âge moyen des créateurs d'entreprise en France en 2016. À l'aube de la quarantaine, beaucoup de Français, las du salariat et du métro-boulot-dodo, veulent capitaliser sur leur expérience et les petites économies qu'ils ont accumulées au fil des années. Ils souhaitent aussi donner du sens à leur vie en se lançant dans un projet qui leur plaît, et dans lequel ils sont convaincus de se réaliser. On retrouve ces quadras créateurs dans le secteur du conseil mais aussi sur des marchés plus porteurs de valeurs, comme l'économie sociale et solidaire, l'environnement, l'artisanat... Réalistes, ils sont conscients que la création d'entreprise sera longue, compliquée, faite de sacrifices financiers et personnels, à une période de leur vie où ils sont en plein envol. Ils connaissent le risque mais sont néanmoins prêts à abandonner de brillantes carrières pour vivre le rêve de la création d'entreprise.

Peur de rien

Cette quête d'indépendance gagne aussi les jeunes. Les moins de 30 ans sont de plus en plus nombreux à se lancer. Ils représentent aujourd'hui 24 % des créateurs d'entreprises. Et ce n'est qu'un début car, sur les 9 millions de jeunes âgés de 18 à 30 ans, 47 % (enquête AFE – Opinion Way) déclarent que la création d'entreprise fait partie de leur projet de vie professionnelle. Ces « bébés entrepreneurs » se lancent le plus souvent dans le secteur Internet avec des concepts innovants ou disruptifs. Formés à l'entrepreneuriat, soutenus dans leurs parcours par de nombreuses structures d'appui, une grande majorité d'entre eux commencent d'ailleurs à travailler sur leurs projets pendant leurs cursus. « De plus en plus de jeunes viennent à l'entrepreneuriat avec un projet ambitieux » explique Gérard Leseur, président de Réseau Entreprendre. « Ils n'ont peur de rien » poursuit-il. Plus réfléchis mais tout aussi séduits, les seniors sont également plusieurs milliers à choisir l'entrepreneuriat chaque année, soit comme point d'orgue de leur parcours professionnel, soit pour compléter leur retraite, soit pour tout simplement rester actifs.

Tous entrepreneurs

Voulu ou subi, l'esprit d'entreprise souffle et concerne aujourd'hui les Français de tout âge. La crise et son lot de licenciements ne sont pas étrangers à ces créations transgénérationnelles. Mais pas seulement. Depuis quelques années, il est en effet plus facile de créer son entreprise, pour un investissement moindre. Le renforcement des structures d'accompagnement à la création, la multiplication des dispositifs de financement, la simplification des démarches, le régime micro-entrepreneur (ex-auto-entrepreneur)... ont fait sauter les derniers verrous. La réussite de certains entrepreneurs, devenus des icônes de l'économie, a également changé le regard de tous sur la création d'entreprise. « Il y a un côté « Tous entrepreneurs » et chacun peut se dire « Pourquoi pas moi ? », poursuit Gérard Leseur. Résultat, un mouvement massif et durable se développe aujourd'hui parmi toutes les générations.

Interview expert

Philippe Hayat, président de l'association 100 000 entrepreneurs, co-fondateur de Serena capital et auteur.

En moins d'une décennie, la France est devenue une terre « d'entrepreneurs ». Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Il y a plusieurs facteurs, à la fois sociologiques et économiques. L'entrepreneuriat est tout d'abord entré dans les moeurs : il est passé dans la culture générale de tous les Français. Il y a 10 ans, 8 jeunes sur 10 voulaient faire carrière dans la fonction publique ou le salariat. Aujourd'hui, 1 sur 2 veut créer son entreprise. Ce retournement s'explique par l'apparition de modèles d'entrepreneurs qui ont réussi. Les jeunes s'identifient à eux. La précarité grandissante du monde du travail explique également la dynamique entrepreneuriale que nous connaissons depuis quelques années. Les gens veulent créer leur propre emploi et ne plus être dépendants d'un système dont ils ne sont plus sûrs. Enfin, la quête de sens est omniprésente chez toutes les générations. Les Français veulent s'investir dans des projets qui leur ressemblent, et qui leur apportent du plaisir.

Y-a-t-il un âge idéal pour créer son entreprise ?

Il y a surtout des périodes de la vie ou c'est, soit plus simple, soit plus difficile. Les jeunes n'ont pas de famille à charge, ni de crédit à rembourser, ils acceptent les sacrifices, quitte à ne pas percevoir de revenus. Ils sont prêts à tenter le coup. À 45 ans ou 50 ans, la tâche est plus compliquée : bien souvent, on est en charge de famille et le risque est plus grand. Il faut également accepter de perdre son train de vie passé et se projeter dans un projet où on est seul, sans le confort d'une assistante ou de services supports. À cette période de la vie, je dirais qu'on a moins le droit à l'erreur. Mais cette tranche d'âge possède aussi l'expérience et l'énergie nécessaire à toute création d'entreprise.

Et les seniors, pourquoi à votre avis, sont-ils de plus en plus nombreux à s'intéresser à l'entrepreneuriat ?

À 60 ou 65 ans, beaucoup se sentent encore jeunes. Ils ont envie de rester actifs, ils ont des choses à dire et ils possèdent des compétences. Créer une activité leur permet de rester dans le mouvement, et de se faire plaisir. Beaucoup veulent transmettre leur expertise et rejoignent des associations destinées à l'accompagnement des porteurs de projets plus jeunes. Cette transmission intergénérationnelle est assez récente mais est amenée à se développer dans les prochaines années. Dans cette typologie de population, il y a également ceux qui malheureusement ont besoin d'argent, et qui n'ont pas d'autres choix que de compléter leur retraite avec une activité complémentaire.

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