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Dossier spécial 2016 : Démarrer
en mode « start up »

Comme les start ups, naissez accompagné !

Pépinière, couveuse, incubateur, accélérateur : si vous cherchez les entreprises à succès de demain, il y a fort à parier que vous les rencontrerez dans l'une de ces structures. En effet, l'une des premières spécificités des startups, celles qui connaissent un démarrage en trombe, c'est de naître accompagnées. En clair, elles se font suivre de près, souvent avant même leur « naissance », par des experts, coachs, mentors, etc. Un réflexe que les jeunes entrepreneurs ont de plus en plus, mais qui reste encore rare dans les entreprises plus classiques. Or, c'est un atout de taille : si les chiffres sont très fluctuants, se faire accompagner augmenterait de 50 % les chances de survie à 3 ans des jeunes entreprises. De même, cet accompagnement réduirait les risques de banqueroute de l'ordre de 30 à 40 %. De quoi vous laisser convaincre de sortir de votre coquille de (futur) entrepreneur pour vous faire, vous aussi, accompagner.

L'intérêt de ces structures, c'est tout d'abord d'apporter des services très concrets aux créateurs : des locaux, des moyens techniques (ordinateurs, accueil téléphonique, etc.), mais aussi de l'expertise, de l'écoute, de l'échange. « Un incubateur permettra par exemple à un porteur de projet de creuser sa proposition de valeur, de connecter son idée avec des enjeux marketing, des ressources, un marché, etc., avance Renaud Redien-Collot, professeur d'entrepreneuriat, à Novancia Business School Paris. L'accompagnement aide à la réflexivité, donne du temps et du recul indispensables aux entrepreneurs. » C'est grâce à ce réflexe de naître accompagnées que les startups connaissent en général un démarrage plus rapide qu'une entreprise qui démarre seule : elles y trouvent leur associé, des informations sur les démarches à accomplir, y attirent des équipes aux compétences multiples.

Les deux formules en plein boom parmi les startups sont les incubateurs et les accélérateurs. Quand les premiers sont souvent mis en place par des écoles, des universités, les seconds sont des programmes de formation et d'accompagnement, avec ou sans hébergement, mais souvent avec une prise de participation au capital des startups suivies. Parmi les plus connues ? Le Camping ou TheFamily, par exemple. D'autres accompagnements sont proposés par des collectivités locales, des organismes consulaires, type chambres de commerce, des structures privées. Par ailleurs, l'accompagnement peut également passer par un club d'entrepreneurs, des dispositifs comme le mentorat (sorte de coaching d'entrepreneurs par d'autres entrepreneurs). Sans oublier les business angels, qui, outre l'apport financier, ont un véritable rôle d'accompagnement.

Mais malgré cette offre, seuls 50 % des porteurs de projets se font effectivement accompagner, voire moins si l'on inclut les auto-entrepreneurs et créateurs indépendants. Pour passer à la vitesse supérieure, « il faudrait sans doute davantage développer des incubateurs centrés sur le commerce, les services... ainsi qu'en zone rurale », constate Renaud Redien-Collot. Alors qu'en 2016, une partie du soutien aux créateurs est réorganisée via la nouvelle agence de développement économique des territoires, le mouvement devrait heureusement s'amplifier. Quelle que soit la structure, l'intérêt reste réel : briser votre isolement et vous construire un réseau !

Témoignage...

Romain Behaghel, Prêt à Pousser

De l'aide à tous les étages.

Qui aurait parié sur un kit pour cultiver des champignons ? Il y a encore quelques années, l'idée apparaissait au mieux comme un gadget. Et pourtant, la jeune entreprise Prêt à Pousser, qui développe ces kits, est une jeune pousse plus que prometteuse, raflant prix et marchés ! Une des raisons de son succès ? Avoir su mobiliser très tôt un réseau riche et varié. En mars 2013, l'idée d'un kit permettant de cultiver à domicile des pleurotes n'est pas encore finalisée. Mais Romain Behaghel, le cofondateur, sait qu'il aura rapidement besoin d'un local. Il n'attend donc pas pour faire appel à une pépinière du Val d'Oise. « Outre l'espace que la pépinière offrait, cela nous permettait de pouvoir être proches de Paris tout en payant un loyer très modique, se souvient Romain Behaghel. La même année, avec mon associé Jérôme Devouge, en parallèle du développement de notre concept, nous avons décidé de consacrer du temps aux concours de créateurs. » Prêt à Pousser est ainsi lauréat de Réseau Entreprendre Val d'Oise : « Cela nous a permis de décrocher un prêt à taux zéro de 50 000 €, soit un tiers des fonds nécessaires au lancement de l'entreprise. Et d'être suivis par un parrain, le DG du réseau Intermarché, ce qui est très précieux car il connaît parfaitement l'univers de la distribution et nous a ouvert son carnet d'adresses. »

Côté technique, les deux jeunes entrepreneurs ont le nez fin en décidant de se faire aider par le Cervia (Centre Régional de Valorisation et d'Innovation Agricole et Alimentaire). « Cela nous a permis d'être mis en contact avec des experts sur les questions techniques, à des tarifs très avantageux, précise Romain Behaghel. Le Cervia nous a également octroyé une aide de 7 000 €. » Cerise sur le gâteau, Prêt à Pousser est lauréat du concours organisé par cette structure : « Le prix était de taille : une place au SIAL, la grand-messe de l'innovation agroalimentaire, ce qui nous aurait été inaccessible sinon, notamment en raison de son coût. » À la clé, des ventes qui ont décollé !

« Dès nos débuts, nous avons pu bénéficier d'un vrai réseau vertueux, où conseils et aides se complètent à différents niveaux, témoigne Romain Behaghel. Pour en bénéficier, il ne faut surtout pas avoir peur de parler de son projet, car une idée ne vaut rien, c'est sa mise en œuvre qui compte. Et pour celle-ci, vous aurez besoin d'être entouré. La seule « contrainte », c'est l'investissement en temps que cet accompagnement demande au début : le moindre dossier fait 30 pages. Donc, ensuite, quand l'entreprise est lancée, il vaut mieux chasser ses clients que les subventions ! »

Éléments clés
  • 3 salariés en CDI, une quinzaine d'embauche à fin 2015.
  • Chiffre d'affaires : 500 000 € en 2014.
  • Chiffre d'affaires prévisionnel 2015 : 1,5 million d'euros.

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