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Dossier spécial 2018 :
Il n'y a pas d'âge pour changer de vie

50 ans - De cadre à entrepreneur, rebondir sur son expérience

Alors que les carrières s'allongent, nombreux sont ceux, cadres ou pas, qui aspirent à autre chose qu'à se laisser glisser doucement vers la retraite. Moins de contraintes, plus d'expérience, la création version quinqua a de beaux jours devant elle !

Expérience, moyens financiers, envie... Oui, la création ou la reprise d'entreprise à plus de 50 ans a de l'avenir. Et ce, pour de multiples raisons. Actuellement, un créateur d'entreprise sur cinq aurait plus de 50 ans selon l'Insee. Et cette tendance ne fait que croître. Tout d'abord parce que les carrières sont très loin d'être finies à cet âge. Mais aussi parce que les progressions proposées ne sont souvent plus en adéquation avec les envies des quinquas. En outre, en France, le marché du travail ferme malheureusement trop souvent ses portes aux salariés après 50 ans : le taux d'emploi chez les seniors est de dix points inférieur à nos voisins de l'OCDE. Plutôt que de se morfondre dans un placard plus ou moins doré, plutôt que d'attendre d'être embauché, pourquoi ne pas faire fructifier votre expérience ? Que ce soit après un licenciement ou après une démission, la création a de quoi donner envie aux quinquagénaires de rebondir.

Selon un rapport du Global Entrepreneurship Monitor (GEM), en 2017, 18 % des adultes entre 50 et 64 ans et 13 % des 65-80 ans sont des travailleurs autonomes, alors qu'ils ne sont que 11 % chez les 18-29 ans. « Le succès entrepreneurial et la prospérité n'ont pas de limite d'âge, estime Mike Herrington, directeur général du GEM. Alors que la perception traditionnelle de l'entrepreneuriat est celle d'une activité portée par des jeunes, les données nous montrent qu'à bien des égards, les personnes âgées sont une force entrepreneuriale importante. Mais une force négligée et sous-utilisée. »

« Dividendes dorés »

Selon Thomas Schøtt, professeur en entrepreneuriat (Danemark) et auteur principal du rapport, les entrepreneurs seniors apportent de nombreux bénéfices économiques, sociaux et environnementaux, à tel point que le rapport les prénomme les « dividendes dorés ». Car ces entrepreneurs quinquas, qui se déclarent plus heureux dans leur vie et leur emploi, investissent davantage dans leur entreprise tout s'investissant plus également. Bref, des avantages pour tous.

Leurs atouts ? Une grande expérience de la vie et du travail, d'importants réseaux et une volonté de rester productifs. Ayant moins de contraintes familiales que les plus jeunes, souvent plus à l'aise financièrement, les porteurs de projet quinquas peuvent tirer leur épingle du jeu, et notamment en exploitant leur expérience et leur réseau. Ainsi, ils sont plus nombreux dans des secteurs comme l'industrie, ou encore à reprendre une entreprise. Or, expérience et reprise sont des facteurs indéniables de réussite : on leur prête plus facilement de l'argent, et leur expérience rassure souvent davantage les fournisseurs, les clients, etc.

Attention toutefois : passer de cadre supérieur à entrepreneur implique un réel changement de vie. Contrairement à votre passé de salarié, vous êtes la plupart du temps seul pour tout faire dans un premier temps. N'hésitez donc pas à prendre du temps pour suivre quelques formations Excel, Word et autres nouvelles technologies, qui peuvent être un vrai plus ! Autre précaution : dans tous les cas de figure, gardez en tête l'importance de valider l'ensemble des trimestres nécessaires à l'obtention de votre retraite. Enfin, bien choisir votre statut en fonction de votre situation et de votre patrimoine peut changer la donne. Faites-vous, donc, conseiller sur cette question par un spécialiste.

Témoignage

Philippe Wargnier, Evioo

Quand l'innovation n'a pas d'âge : « moi, start-upper à 50 ans »

Au cours d'une belle carrière, c'est en soutenant de jeunes créateurs que Philippe Wargnier attrape le virus de l'entrepreneuriat. Au point de tout plaquer pour se lancer dans la création de sa propre start-up.

Start-upper à 57 ans… Philippe Wargnier tord le coup à nombre d'idées reçues concernant la création d'entreprise. Car non seulement il a créé sa boîte, mais en plus il innove ! D'autres auraient choisi le conseil, ou une création dans le droit fil de leur expérience passée. Lui, lorsqu'il lance Evioo, en 2010, il opte pour un changement plus radical. Evioo est un concept d'opticien digital, où les nouvelles technologies optimisent le choix des lunettes. Avec sept boutiques en France, Evioo cherche aujourd'hui à accélérer le développement de ses différents concepts de boutiques « phygitales », mixant boutiques classiques et e-commerce. La France constitue le terrain de jeu évident, mais le projet devrait prendre rapidement une envergure internationale.

Avant de se lancer dans cette aventure, Philippe Wargnier était directeur général du groupe Go Sport et président de Spartoo. « Je faisais un job intéressant, j'avais une très bonne rémunération, mais j'avais envie de m'ouvrir sur d'autres projets, explique-t-il. Mener un projet jusqu'à sa mise en orbite, en soutenant les créateurs de Spartoo, m'a donné le goût de l'entrepreneuriat… ensuite, c'est difficile de revenir en arrière ! Certes, ce n'est pas facile de quitter le confort de bons postes : on n'a plus de secrétaire, on est seul, on repart de zéro… Grâce à mes économies, j'estimais pouvoir tenir le coup pendant 2 ans sans trop toucher à mon niveau de vie. Et avec mon parcours, un échec n'aurait pas été un frein mais un plus pour rebondir. »

Son conseil ? « Prendre le risque du succès ! Au moment de la création, il me paraît primordial d'anticiper l'échec, qui est toujours possible. Il faut se projeter et visualiser la façon de rebondir positivement si cette circonstance venait malheureusement à se produire. Avoir une idée précise du discours permettant de retourner dans le monde du travail de sorte que cette expérience de création d'entreprise vienne renforcer un profil et un projet professionnel. C'est la meilleure façon d'être serein et de ne pas rajouter du stress supplémentaire à ces moments qui demandent pas mal d'engagements personnels. » Autre précaution qu'il a prise : « Bien calibrer le temps que l'on se donne pour conduire son projet afin de limiter l'impact auprès de ses proches et que la création se déroule dans un climat de soutien et de sérénité familiale. Et, bien sûr, bien dimensionner ses besoins financiers actuels et futurs, ce qui reste le nerf de la guerre ! » Au final, pour cet entrepreneur atypique, se lancer à la cinquantaine lui aura permis de bénéficier de « l'atout de l'expérience, de disposer d'un réseau propice à l'accélération » de son projet. Sans oublier ses économies, une base importante pour construire un projet solide. La difficulté ? « Accepter de se remettre en cause et de quitter sa zone de confort ! »

Éléments clés
  • Date de création : 2010
  • Lieu :Grenoble
  • Effectif : 9 salariés
  • Chiffre d'affaires : 600 000 euros

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