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Dossier spécial 2018 :
Il n'y a pas d'âge pour changer de vie

40 ans - Redonner du sens à sa vie !

Que ce soit dans le bio, dans l'économie sociale et solidaire, ou encore dans l'artisanat, nombreux sont les quarantenaires à se rêver une nouvelle vie. Plus riche de sens, moins polluée par le stress et le métro-boulotdodo. Osez !

La quarantaine arrivant, le rythme de la carrière s'accélère. C'est l'heure où l'investissement professionnel est grand… tout comme les aspirations à une autre qualité de vie. En général, c'est à la quarantaine que l'on rencontre le plus de salariés en burn-out. Ou même tout simplement en phase de doute : et si le métier choisi n'était pas le bon ? L'idée sous-jacente étant souvent que si changement de vie avec reconversion il doit y avoir, c'est maintenant ou jamais. Ce mouvement prend généralement deux directions : soit un changement pour donner un autre sens à sa vie, soit plus prosaïquement une envie de « quitter la ville ». En creux, l'idée de se faire plaisir, de ne plus subir le travail et son environnement.

Ainsi, de nombreux cadres décident à cette période de s'orienter vers un métier plus manuel. Certains deviennent artisans, comme les créateurs de French Vikings, Nadir et Billy, un ex de la finance et un informaticien, reconvertis dans la fabrication d'objets en béton. Ici, les aspirants à la création d'entreprise artisanale pourront bénéficier de formations dispensées par les chambres de métiers. Dans cette même quête de sens, de nombreux cadres s'orientent vers le secteur de l'économie sociale et solidaire : entreprise d'insertion, start-up évoluant dans la green économie, le commerce équitable… Notre conseil ? Conciliez votre expérience professionnelle avec cette aspiration, plutôt que de (re)partir de zéro (un expert en finance pourra s'orienter vers le crowdfunding solidaire, par exemple).

Stage d'immersion

Autre tendance forte : celle du retour à la terre. Posant les bases de leur projet sur la croissance du bio, des circuits courts et autres Amap, les citadins peuvent plus encore qu'avant passer du rêve à la réalité, car dans ces projets, nul besoin d'acquérir des centaines d'hectares ou un cheptel immense. La qualité l'emporte sur la quantité, et les installations se font sur des surfaces plus réduites. L'idée étant, souvent, de maîtriser l'amont et l'aval : se spécialiser dans les herbes aromatiques et autres plantes pour les transformer en cosmétiques, par exemple. Pour ces projets « terroir », n'hésitez pas à vous rapprocher des chambres d'agriculture et multipliez les stages d'immersion afin de valider l'indispensable adéquation homme-projet. Un passage obligé d'autant plus important que cela conduit à un changement de vie radical impliquant conjoint, enfants et une baisse sensible du niveau de vie…

Dernière grande tendance de la quarantaine : quitter la ville. Dans une enquête Cadremploi de 2017, huit cadres parisiens sur dix exprimaient leur envie de quitter la capitale et sa région.

Pour ne pas se tromper de destination, suivez les conseils d'Aurélie de Cooman, du site Paris-jetequitte.com : « Chaque territoire dispose d'agences économiques de développement dont la mission est d'attirer des candidats et des projets d'entreprise. Leurs moyens humains et financiers sont importants. Mais le grand public l'ignore souvent ! Une des portes d'entrée pour bien ancrer localement votre projet ? Le portail de La Fabrique à entreprendre (lafabriqueaentreprendre.fr), regroupant une multitude de structures d'accompagnement, ce qui permet d'identifier sur chaque territoire vos interlocuteurs. De quoi passer vos 40 rugissants entrepreneuriaux sereinement ! »

Témoignage

Isabelle Mashola, Isahit

« Entreprendre pour renouer avec mes valeurs ! »

Quitter les grands groupes pour lancer sa start-up dans l'ESS, il fallait oser. Isabelle Mashola l'a fait, portant un beau projet solidaire.

Cisco, Dell, Publicis… : la carrière d'Isabelle Mashola était bâtie sur du solide. Cette directrice des systèmes d'information (DSI) a toujours eu des responsabilités à l'international au sein de grands groupes. Pourtant, à la quarantaine, elle n'a pas hésité à changer radicalement d'univers. « J'ai toujours eu des valeurs très fortes : justice, honnêteté, transparence, respect, confie-t-elle. Au fur et à mesure, l'ambiance dans les entreprises est devenue très dure... Il fallait que j'aille faire autre chose, où je pouvais faire respecter ces valeurs. » Mais avant de sauter le pas, Isabelle Mashola teste une activité indépendante, en tant que consultante, histoire de clarifier ses objectifs et ne pas se lancer tête baissée dans son projet.

Celle qui avoue avoir toujours voulu aider les autres s'associe donc avec Philippe, le cofondateur, pour lancer Isahit, une plate-forme intelligente, socialement responsable, qui donne du travail digital à des femmes de pays émergents et leur permet de réaliser un projet (créer son entreprise, continuer ses études, devenir agricultrice, etc.). La plate-forme fournit ainsi un complément de revenu qui permet à la personne de dégager du temps pour son projet. « On aide ces femmes à être connectées au monde de demain, qui est numérique, en leur offrant des formations en ligne », ajoute Isabelle. Aujourd'hui, plus d'une centaine de personnes travaillent pour Isahit au Sénégal, Cameroun, Côte d'Ivoire, Burkina, Congo et Mali. Loin des tours géantes des grands groupes pour lesquels elle a travaillé, Isabelle s'épanouit : « À tout moment de sa vie, on a des priorités. Et aujourd'hui gagner beaucoup d'argent n'en fait plus partie. Cette nouvelle aventure me permet de récupérer une liberté que j'avais perdue, même en tant que cadre dirigeant, et de pouvoir créer une organisation selon mes valeurs managériales. » Son conseil pour mener à bien un tel changement ? « Il faut traiter ce changement comme un vrai projet, tout analyser et anticiper les impacts au mieux, comme par exemple, plus de travail, réapprendre, ou encore perdre un peu de revenus. Pour cela, je conseille de faire une liste des priorités de sa vie et, surtout, d'être conscient(e) de ses points forts et faibles. Et, donc, de s'entourer des bonnes personnes qui vont vous aider. Il vaut mieux avancer que de regretter de ne rien faire à mon avis. À 40 ans, on ne change pas de la même manière qu'à 30 ou même qu'à 50 ans, car le passé et les habitudes qui nous lient sont différents. Il faut en tenir compte ! » Une sagesse qu'elle partage désormais avec les femmes africaines, futures entrepreneuses de demain.

Éléments clés
  • Date de création : 2016
  • Lieu : Paris
  • Effectif : 11 (2 fondateurs)
  • Chiffre d'affaires : NC

Témoignage

Isabelle Richard et Marc Frocrain, Des Bouteilles à l'Amère

« Dans nos vergers, retrouver du sens, nous retrouver »

Si l'été a été bien rempli avec les ventes de cidre aux locaux et touristes ravis, l'automne, avec la récolte de pommes, le fut tout autant. Pas grave. Certes, Isabelle et Marc ne chôment pas, mais leur nouvelle vie à la ferme, ils l'aiment. Car c'est désormais auprès des vergers qu'ils vivent leur vie, loin de leurs carrières d'informaticien et de directrice dans la fonction publique hospitalière. « À l'approche de la quarantaine, j'étais arrivée au bout de ce que je pouvais donner dans mon travail, avec un désir profond d'aller vers un métier passion, un fonctionnement à taille humaine et la possibilité de retrouver du sens » lance Isabelle. Pour Marc, ça a été plutôt « l'envie d'un nouveau challenge ». Dès 2010, le jeune couple, ayant une passion pour la dégustation, commence à réfléchir à une reconversion. Ils pensent un temps à la vigne, mais ne voulant pas quitter leur petit coin de paradis en Bretagne Sud, ce sera la pomme à cidre. S'ils enchaînent les visites de cidreries réputées, il leur faudra 5 ans pour construire leur projet. « Marc a démissionné et s'est formé en premier, car mon salaire nous permettait de nous donner de l'air. De plus, sa formation d'ingénieur était un véritable atout, par rapport à la réalité du métier dans sa partie production », explique Isabelle. Au sein d'un lycée agricole, il suit une formation de responsable d'exploitation agricole, avec une spécialisation en production-transformation de fruits à cidre. Une aide de la région et l'Accre (Aide aux chômeurs créateurs) donneront un coup de pouce. Au lieu de démarrer de zéro, Marc et Isabelle trouvent une cidrerie à reprendre. Marc – ayant compagnonné une année durant avec le cédant, Patrick – commence seul, rejoint plus vite que prévu par Isabelle, qui a franchi le pas après une période de grande difficulté personnelle. « Ce n'est pas rien de quitter une certaine forme de réussite, le confort du salariat, un niveau de rémunération..., explique-t-elle. Tout le monde essaye de vous en dissuader. Il y a souvent un électrochoc, un accident de vie ou un déclic quelconque, chez ceux qui passent à l'acte. »

Depuis, leur SARL est en pleine mutation : « Avec nos 4 ha de vergers, sans traitement ni désherbant chimique, nous produisons environ 40 000 bouteilles de cidre, complétées par du jus de pommes, de l'eau-de-vie, des cuvées spéciales, un peu de vinaigre, de la gelée de pommes et un apéritif ». Une démarche de diversification et de valorisation qui s'avère nécessaire pour prétendre vivre de la pomme à cidre. Sur place, l'accueil des locaux a été plutôt bon, car le jeune couple contribue à faire revivre un cru de cidre insuffisamment mis en valeur. « Avec un salaire encore inférieur au SMIC, notre niveau de vie a clairement chuté, mais quelle qualité de vie ! juge Isabelle. Nous avons pu trouver un rythme plus harmonieux, pour nous et pour nos enfants ! ».

Éléments clés
  • Date de création : 2015
  • Lieu : Finistère
  • Effectif : 2, et quelques saisonniers
  • Chiffre d'affaires : 86 000 euros

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