La reprise : une autre
manière d'entreprendre

Financer la reprise

Une fois les étapes précédentes réalisées, il vous faut trouver les financements nécessaires au projet. Bien que les banques acceptent plus facilement de prêter aux repreneurs qu'aux créateurs, il vous sera néanmoins demandé un minimum d'apport et de garanties.

Les moyens de financement

Épargne personnelle

Un apport personnel est à prévoir dans le financement d'un projet de reprise d'entreprise. Cet apport doit être constitué préalablement, progressivement et pendant plusieurs années en souscrivant, dans une banque, un livret épargne entreprise permettant de solliciter un prêt pour reprendre une entreprise. Dans ce type d'épargne, les taux d'intérêt maximaux sont très faibles, de 1 à 2 % actuellement.

L'apport personnel peut également provenir d'un plan d'épargne en actions, ce qui permet d'investir une partie de son épargne dans des titres d'entreprises.

Ainsi, l'apport personnel est indispensable pour prouver son implication dans un projet de reprise. Le taux souhaitable se situe entre 20 et 50 % du coût du projet. Généralement, les banques n'acceptent pas de financer plus de 80 % des meilleurs dossiers.

Prêts sans garantie

Les prêts sans garantie, ou prêts d'honneur, permettent de compléter l'apport personnel. Ainsi, plusieurs réseaux de soutien aux PME/PMI proposent un prêt d'honneur gratuit, sans intérêts et sans garantie personnelle, qui peut aider les porteurs de projet à renforcer leurs fonds propres et obtenir ainsi un financement bancaire complémentaire grâce à un important effet de levier.

Ce prêt est octroyé personnellement au repreneur, et non à l'entreprise. Celui-ci s'engage à le rembourser « sur l'honneur », sur une période de trois à cinq ans. Le montant du prêt d'honneur dépend du projet, mais il oscille généralement entre 3 000 et 15 000 euros.

Participation au capital

La reprise d'une entreprise peut rapidement dépasser les seuls moyens financiers du repreneur. Si l'entreprise ciblée est solide et que le repreneur est en mesure de proposer un plan de développement susceptible de faire prendre de la valeur à la société, il peut faire appel à un capital-investisseur. La reprise d'une entreprise peut nécessiter une augmentation de capital de manière à lui conférer immédiatement des moyens financiers nouveaux. En ce sens, le repreneur fera dans un premier temps appel à ses proches, famille ou amis (appelés « love money »). Ce capital peut également provenir d'investisseurs individuels, démarchés dans les clubs d'investisseurs ou de crowdfunding (financement participatif), qui sont des structures mobilisant l'épargne de leurs membres dans l'optique du développement de petites entreprises.

Primes et subventions à l'entreprise

Certaines collectivités territoriales ont mis en place un régime de subvention pour favoriser la reprise d'entreprises, selon certains critères spécifiques.

Prêts à moyen et long terme

Le financement d'une reprise à moyen ou long terme concerne toutes les entreprises, quels que soient leurs statuts juridiques, leurs tailles ou leurs secteurs d'activité. Il finance l'ensemble des investissements, dont l'immobilier, le fonds de commerce, le matériel et les besoins de l'entreprise en termes de trésorerie.

Le montant du prêt à moyen ou long terme dépend des besoins de la société et de la banque. Il peut atteindre 80 % du montant de l'investissement et des besoins en fonds de roulement. L'apport personnel du repreneur serait donc de 20 % dans le meilleur des cas.

Ces crédits pour reprendre une entreprise portent généralement sur une durée maximale de 7 ans.

Quand une reprise ne peut se réaliser que par l'acquisition des titres de l'entreprise, la banque intervient dans le financement par un prêt personnel direct au repreneur ou à la holding constituée à cet effet, afin de lui permettre d'acquérir les parts sociales ou les actions. En plus d'autres garanties, la banque demandera alors le nantissement des titres à son profit.

Les modes de financement d'une reprise

Il est important de définir le mode de financement le mieux adapté au projet de reprise. En fonction de la complexité du projet, il peut être déterminé avant ou pendant la phase de négociation. On distingue les financements en direct des LBO (Leverage Buy Out), rachat d'entreprise par effet de levier.

Financement en direct

Le financement en direct permet au repreneur d'acquérir directement le fonds ou les titres ciblés. Ce mode de financement a pour avantage d'être très simple à mettre en place et de permettre au repreneur de bénéficier d'une réduction d'impôt. Cependant, il ne permet pas de profiter d'un effet de levier. Il sera donc préférable de l'utiliser pour les opérations de faible valeur.

Financement par LBO

Lors du montage juridique et fiscal, le repreneur doit se poser la question du type de structure d'acquisition à adopter. Deux possibilités s'offrent à lui :

  • effectuer une reprise en nom propre ;
  • créer une holding.

C'est cette seconde solution qui est utilisée dans le cadre du LBO, qui peut se définir comme une technique de rachat d'entreprise avec effet de levier, c'est-à-dire par recours à un fort endettement bancaire. Selon l'Association française des investisseurs en capital (AFIC), un LBO est « l'achat d'une entreprise financé partiellement par un emprunt, dans le cadre d'un schéma juridique spécifique et fiscalement optimisé, où les dirigeants sont associés en partenariat avec des investisseurs professionnels spécialisés ».

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