En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou traceurs pour améliorer et personnaliser votre expérience, réaliser des statistiques d’audiences, vous proposer des produits et services ciblés et adaptés à vos centres d’intérêt et vous offrir des fonctionnalités relatives aux réseaux sociaux. Pour en savoir plus

Fermer

Dossier spécial 2016 : Démarrer
en mode « start up »

Osez des levées de fonds précoces

Le financement est souvent vu comme le nerf de la guerre en matière de création et de développement d'entreprise. Un des signes révélateurs de cette tendance se niche dans les données même de l'Insee. En effet, dans sa dernière étude sur la pérennité des entreprises 3 ans après leur création, l'Insee pointe, parmi les déterminants de cette pérennité, « un fort investissement initial du créateur », à côté de la formation et de l'expérience de celui-ci. Parmi les entreprises qui ont démarré avec moins de 2 000 €, seulement 65 % sont encore actives 3 ans après leur création. À l'opposé, les 7 % d'entreprises ayant disposé de plus de 160 000 € à leur lancement sont encore 83 % à être actives après 3 ans. Dépasser 40 000 € d'investissement augmente significativement les chances de pérennité. Bien sûr, l'argent ne fait pas tout. Mais cela aide ! Et sur ce point, les startups ont souvent un temps d'avance car, encore plus que les autres entreprises, elles n'hésitent pas à lever très tôt de fortes sommes d'argent.

« Globalement, les startups lèvent aujourd'hui de l'argent plus tôt que les autres, témoigne Marc Fournier, cofondateur du fonds d'investissement Serena Capital. Nous sommes en effet dans une logique d'accélération, de besoins de capitaux de plus en plus importants, car l'innovation et la rapidité de mise sur le marché sont fondamentales. »

L'importance de la levée de fonds initiale dans la croissance de l'entreprise ne doit pourtant pas masquer d'autres critères de réussite. Ainsi, Pauline Laigneau, créatrice de Gemmyo, explique : « La levée de fonds a un statut mythique dans le milieu de l'entrepreneuriat [...]. Or, lever des fonds est certes une preuve de confiance de vos investisseurs, mais c'est aussi un aveu d'échec : celui que vous n'êtes pas encore rentable. La levée de fonds correspond à une stratégie de croissance rapide mais n'est pas du tout un but en soi. » Cela ne vaut que si cette somme est nécessaire à votre croissance et vous permet d'atteindre plus rapidement vos objectifs. « Il s'agit de trouver un juste milieu, conseille l'entrepreneur-investisseur Marc Fournier. Oui, lever des fonds est important pour conquérir le marché, mais ces levées ne doivent pas faire oublier à l'entrepreneur de construire son entreprise sur des bases solides. Il convient de lever des fonds pour accélérer son business et non pour le sauver. L'argent est un accélérateur, pas une réponse. »

Selon ce spécialiste de l'investissement, aujourd'hui, les startups technologiques ne sont plus les seules concernées par les fortes levées de fonds. Des secteurs plus traditionnels, notamment dans la restauration, les services, ont tout à gagner à revoir à la hausse leurs ambitions. « Ces secteurs peuvent être réellement innovants et donc tirer profit de belles levées de fonds pour se développer. » L'important restera un juste dimensionnement entre votre stratégie, vos ambitions pour l'entreprise et vos objectifs de financement : « Tous les entrepreneurs ne veulent pas d'hypercroissance, résume ainsi Marc Fournier. On peut vouloir être champion dans son village ou champion du monde. Les deux sont louables mais les fonds nécessaires n'ont rien à voir ! »

Témoignage...

Jeanne Massa, Habiteo

Des levées de fonds successives pour une stratégie d'hypercroissance.

500 000 € : c'est le montant de la toute première levée de fonds réalisée en mars 2014 par Habiteo, quelques mois seulement après son lancement. Un an plus tard, au cours de l'été 2015, la startup met la barre plus haut et lève 3 millions d'euros. Ces levées de fonds successives et loin d'être anecdotiques sont une des marques de fabrique de nombreuses startups. Le créneau d'Habiteo ? Il s'agit d'un outil d'aide à la vente pour les promoteurs immobiliers, rendant possible une visite virtuel mais détaillée du futur logement et de son environnement grâce à la modélisation 3D. Lancé par des entrepreneurs expérimentés dans l'innovation, le financement et la technique, le site semble prometteur. Jeanne Massa, une des fondatrices, avoue avoir bâti une stratégie financière mûrement réfléchie : « Aujourd'hui, il y a pléthore de très bons projets. Ce qui fait la différence, c'est la rapidité d'exécution, la gestion de l'hypercroissance et pour cela, il faut des fonds ! » Leur stratégie ? Aller vite. « L'offre a été lancée avec nos fonds propres, pour démarrer rapidement la commercialisation et faire rentrer nos premiers clients. Ce premier chiffre d'affaires était nécessaire pour faire appel à des business angels à hauteur de 500 000 € », détaille Jeanne Massa. Cette somme a permis à la startup de réaliser ses premières opérations de marketing et de recruter 11 salariés en moins d'un an, dont des développeurs juniors. « Nous sommes une jeune entreprise de service innovant, mais avec une avance de 12 mois maximum sur de potentiels concurrents. Il est donc nécessaire d'aller vite pour gagner des parts de marché, explique Jeanne Massa. La levée de fonds de l'été 2015, auprès du fonds Serena Capital, obéit à cette logique. Certes, après 6 mois, nous étions quasiment rentables, mais au lieu d'en rester là, nous avons opté pour une stratégie d'hypercroissance. D'où un besoin de fonds pour soutenir cette ambition. Par ailleurs, passer par un fonds nous oblige à structurer notre offre, à nous projeter plus loin dans notre stratégie. C'est un aiguillon business. Enfin, le cash est aussi important car cela nous donne de la crédibilité face aux promoteurs qui n'auraient sinon peut-être pas fait confiance à une jeune entreprise. » De la même manière, pour gagner du temps, Jeanne confie avoir fait appel à un cabinet spécialisé dans les levées de fonds, Chausson Finance, qui a géré les rendez-vous et apporté de l'expertise pour bâtir les différents dossiers. « Cela coûte de l'argent mais m'a permis de rester opérationnelle au sein de mon entreprise et donc de faire rentrer du chiffre d'affaires », souligne la créatrice. Ambition et pragmatisme !

Éléments clés
  • 30 salariés à fin 2015.
  • Chiffre d'affaires prévisionnel : 1,5 million d'euros pour 2015.

Contactez l'équipe

N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse :

routard@lesechos.fr

Fermer x