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Dossier spécial 2016 : Démarrer
en mode « start up »

Managez avec le coeur

Créativité, liberté, solidarité ! Ce « no management » a pris le pouvoir dans les startups. Loin des grands groupes, de leurs réunions sans fin, de leur hiérarchie verticale et de leurs guéguerres politiques, les jeunes pousses prônent un management où les liens au travail prennent le dessus. Première valeur ? La hiérarchie. Elle est le plus « flat » (plate) possible, pour accélérer la prise de décision. Car dans une startup, chacun est chef de projet, jugé sur ses résultats et son engagement. Deuxième révolution ? La créativité. Les startups ont bâni le règne de l'idée gravée dans le marbre. Chez elles, l'heure est à la pensée binaire, à l'empirisme anglo-saxon, au faire et à l'hypothèse. On a une idée ? On la teste et on la garde si elle est bonne, on l'abandonne si elle est mauvaise.

Frédéric Mazzella, fondateur de BlablaCar, en 2006, incarne à lui seul ce nouveau règne du management à la cool. Dans son entreprise – 300 salariés, 12 bureaux dans le monde –, il n'y a (toujours) pas de DRH. Les valeurs, formulées avec les salariés, sont inscrites noir sur blanc dans une charte. Il n'y a pas de distinction entre les nouveaux collaborateurs et les anciens mais des individus qui partagent les mêmes objectifs et la même envie de réussir. Cela fait 10 ans que l'entreprise fonctionne ainsi et ses résultats en font pâlir plus d'un : 20 millions de membres, une forte présence à l'international et une levée de fonds record de 100 millions de dollars en 2014.

Les startups cultivent également un fort esprit de famille. On doit s'y sentir bien, comme à la maison, car on y travaille aussi beaucoup, ne comptant pas ses heures, les yeux plissés devant l'ordinateur. Les espaces sont souvent adaptés à cette surcharge de travail avec des lieux chaleureux, des bureaux non nominatifs, des espaces dégagés qui facilitent les occasions de rencontres et la circulation des flux. Ce n'est donc pas un hasard si, dans le dernier classement Best Workplaces, on retrouve des dizaines de startups. Elles sont 40 à mettre en avant des valeurs similaires : management horizontal, priorité à l'humain dès le recrutement, temps forts de brainstorming, convivialité, etc. D'ailleurs, ces moments pendant lesquels les équipes se réunissent ne sont pas juste des réunions ou des séminaires. Ce sont des « Thursday » chez Accuracy, des « Ship it day » chez iAdvize, des « Merimeetings » chez Meritis, des « MegaLab » chez My Little Paris, des « Bubbles » chez Zenika… Une manière originale et efficace de renforcer le sentiment d'appartenance des salariés qui, eux aussi, se prennent parfois au jeu. Chez La Ruche qui dit Oui ! (startup qui met en relation consommateurs et producteurs locaux), plusieurs fois par semaine, deux salariés font la cuisine pour leurs collègues. Cette opération baptisée « Tous à poêle au bureau » a fait des adeptes et le mouvement commence à se répandre dans d'autres startups mais aussi dans quelques grandes entreprises.

Témoignage...

Frédéric Salles, Matooma

Il prône des valeurs de partage.

Passer de 3 à 25 salariés en 3 ans ! Voilà le défi qu'a dû relever Frédéric Salles, fondateur de Matooma, une startup spécialisée dans la gestion des objets connectés par cartes Sim embarquées. Cet ancien ingénieur chez SFR a dû apprendre à manager car cette corde ne faisait pas partie de son arc. « Au début, lorsque nous étions moins de 10 salariés, la question ne se posait pas. Les échanges étaient informels, simples et efficaces. Mais rapidement, il a fallu mettre en place une organisation car je ne m'en sortais plus : tout le monde me rapportait, je recevais jusqu'à 200 mails par jour… Je me suis senti bloqué. » Aidé par un consultant en management, il structure l'entreprise en pôles (service client, informatique, finance, commercial, communication) et nomme à la tête de chacun un manager. Il planifie en parallèle des rendez-vous réguliers : un comité de pilotage hebdomadaire avec les responsables de pôles et un comité de direction, tous les 15 jours, avec les membres de la direction. « À partir de là, tout a été plus simple et organisé même si, personnellement, cette période n'a pas été facile. J'ai dû lâcher mon rôle de patron copain pour endosser celui de vrai dirigeant. » Désireux de conserver un esprit convivial et familial, Frédéric Salles a cependant prévu des temps de pause. « Une fois par mois, je réunis tous les collaborateurs à 18 heures pour une réunion d'information. Cette séance se termine par un apéro géant. Il est important de rester à l'écoute et d'entretenir l'esprit de groupe. Dans une startup, tout le monde avance ensemble, il faut rester unis. »

Chez Matooma cependant, pas de babyfoot ni de table de ping-pong, mais des valeurs de partage et une ambiance studieuse. « Je dirige une entreprise, avec des gros clients. Il faut rester sérieux. » L'entreprise installée dans l'incubateur Cap Oméga à Montpellier va bientôt emménager dans de nouveaux locaux. « Les espaces seront ouverts, vitrés, dans un style new-yorkais mais il y aura aussi des zones de détente avec des gros poufs, une cuisine aménagée… » Une ambiance zen, propice au travail et au bien-être qui profite à la croissance de Matooma. La petite startup lancée en 2012 est aujourd'hui considérée comme l'une des plus belles pépites technologiques françaises. Elle fait partie des 10 entreprises les plus innovantes à l'échelle nationale (EBG 2015) sur le marché très porteur de l'Internet des objets.

Éléments clés
  • Date de création : juin 2012.
  • Effectif : 25 salariés.
  • Chiffre d'affaires : 3,4 millions d'euros.

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