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Dossier spécial 2014 :
Faire du business grâce au numérique

De blogueurs à entrepreneurs : quand un blog mixe passion et petite entreprise

Qui n'a pas rêvé de vivre de sa passion ? Pour certains blogueurs, la Toile est devenue leur gagne-pain. Mais pour beaucoup d'appelés, encore peu d'élus. Découverte des stratégies mises en oeuvre par ceux qui ont réussi.

6 millions... Selon Médiamétrie, ce serait le nombre de blogueurs en France. Mais combien de « Presse-Citron », l'un des blogs high-tech incontournables ? Combien de Garance Doré, suivie par les fashionistas ? Au pays des blogueurs influents, pas facile de se faire un nom, encore moins de vivre de son blog. Côté coulisses, quels sont les chiffres ? Selon l'étude de référence en la matière (« Digital Influence Report » 2013 de Technorati), 30 % d'annonceurs consacrent annuellement au numérique entre 1 et 10 millions de dollars et 22 % entre 10 et 25 millions de dollars. Mais les médias sociaux (Facebook, Twitter, etc.) ne captent que 10 % de ces budgets. Et les blogs sont loin derrière, ne captant, eux, que 6 % des dépenses numériques dédiées aux réseaux sociaux. Bonne nouvelle toutefois : les annonceurs estiment que leurs dépenses dans ce secteur seront amenées à croître de 37 % dans les années à venir.

Trouver sa touche personnelle

Dans ce contexte, comment se faire une place au soleil ? Pas d'illusion, un blog ne se transformera pas du jour au lendemain en entreprise rentable. La base, c'est tout d'abord d'occuper une niche. Dans le maquis des blogs de cuisine, pour sortir du lot, mieux vaut, par exemple, devenir le blog incontournable dans le domaine de la raw food plutôt que de poster les photos de ses plats quotidiens. De même, travailler son identité propre est fondamental : écriture soignée, photos de qualité, billets vidéo sont la base. Ensuite, place aux stratégies de monétisation.

Choisir sa stratégie de monétisation

Afin de bâtir une stratégie digitale efficace, c'est-à-dire le business model adapté à votre blog, il sera tout d'abord nécessaire de bien connaître votre lectorat. Si votre blog draine une petite communauté de passionnés, qui viennent vers vous pour votre expertise sur un sujet pointu, alors la stratégie la plus adaptée sera de « vendre » votre expertise : animation de conférences, rédaction d'articles pour des médias intéressés par votre créneau, etc. En revanche, si vous drainez via votre blog une audience plus large, vous pouvez envisager de tirer des revenus de la publicité. Prévoyez des bannières publicitaires optimisées, rapprochez-vous de régies... Mais attention, car le marché publicitaire est loin d'être le Graal. D'autres pistes doivent être exploitées, l'affiliation, notamment. Autre piste encore : le payant. Car, non, le blog n'est pas un univers où tout doit forcément être gratuit. Pour des contenus très ciblés, des blogueurs peuvent mettre en place des contenus payants. Par exemple, le téléchargement payant de patrons de couture, ou encore la réalisation sur mesure de contenus personnalisés, la création d'e-book de décoration, etc. Le secteur du B to B peut, quant à lui, permettre de produire des newsletters de veille. Enfin, un blog peut aussi être un moyen de faire connaître une activité annexe (création, édition, activités de conseil, coaching, etc.) ou votre entreprise. Les jeunes créateurs des jus de fruits BorderLine ont ainsi eu l'idée de narrer leur aventure de création d'entreprise via un blog. Sorties de rendez-vous avec des banquiers, préparation de stratégie pour convaincre des fournisseurs : une communication décalée sur un blog qui a attiré l'attention des journalistes et créé une petite communauté de fans. De quoi bien démarrer !

Scrutez les blogs influents

Pour vous faire une idée de ce qu'est un blog qui rencontre le succès, étudier son contenu (le fond) et sa présentation ou même contacter les blogueurs incontournables de la Toile pour vous faire conseiller, il existe plusieurs palmarès. Le « Top des blogs » de Wikio, les classements de Weborama ou de Ebuzzing, etc. : de quoi avoir un bon aperçu de ce qui marche, ou pas, sur la Toile. Leurs critères de sélection diffèrent parfois, selon qu'ils prennent en compte avant tout le nombre de visiteurs sur une période donnée, le référencement, les mises à jour, etc. Mais, souvent, des « stars » se détachent assez nettement, comme le blog Presse-Citron, Korben.info, le Journal du Geek côté technophiles, ou Garance Doré et le Blog de Betty côté mode, par exemple.

Autre technique pour identifier les blogueurs influenceurs : rendez-vous sur Twitter. Grâce à des outils comme Searchtastic, Favstar ou FollowFinder, vous pouvez dénicher les twittos (et donc, souvent, les blogueurs) les plus influents sur des thèmes précis.

Témoignage...

Nathalie Delimard, créatrice d'Abracadacraft

Elle fédère une communauté de blogueuses, un « internénettes » communautaire dédié au do it yourself : voilà comment Nathalie Delimard décrit son site internet, le bien nommé Abracadacraft.

Un site, un vrai, qui sélectionne chaque jour le meilleur des blogs créatifs. Pourtant, les premières vies professionnelles de Nathalie étaient bien loin de cet univers. Commerciale à la base, c'est en tant que journaliste pour de grandes entreprises qu'elle travaille pendant de nombreuses années.

« En 2006, la préhistoire pour la blogosphère, j'ai lancé mon blog, où je publiais des billets d'humeur, mes créations couture et craft », raconte-t-elle. Une époque presque bénie pour les blogueuses : « Peu nombreuses, nous trouvions assez facilement notre lectorat, se rappelle Nathalie. Aujourd'hui, on compte environ 550 000 blogs rien que dans le secteur des arts créatifs ! » Peu à peu, elle tisse sa toile dans la blogosphère. « Une de mes lectrices m'a fait rencontrer son frère, Christophe, féru du Net, qui souhaitait fédérer la communauté des blogueuses du loisir créatif. » Nathalie rencontre également les fondateurs de Linkfluence, acteur historique de l'e-réputation : « Ils avaient senti un manque de communauté fédérant les blogueuses de l'univers do it yourself. Avec Christophe, nous nous sommes associés pour mutualiser nos compétences : il apporte son savoir-faire technique, j'apporte ma connaissance de la blogosphère féminine, de l'écriture... et celle du craft, bien sûr ! »

Le site Abracadacraft a vu le jour fin 2011. On y retrouve une sélection de billets de blogs français et étrangers (plus de 2 000 font partie de la sélection), et une partie magazine. Pour se lancer, sous forme de SAS, les deux associés ont levé 150 000 euros. Le modèle économique d'Abracadacraft est « simple » : « Nous accueillons des publicités et nouons des partenariats avec des annonceurs. Nous venons, par exemple, de signer notre cinquième contrat consécutif avec DLC, le leader mondial du fil. Nous travaillons aussi avec quelques éditeurs. » Une boutique virtuelle a été récemment lancée, regroupant des tutoriels de blogueuses, des PDF sur lesquels le site touche un pourcentage. Mais, surtout, les deux créateurs préparent une levée de fonds d'un million d'euros pour doper leurs moyens et se faire connaître. Le chiffre d'affaires ? Ils ne souhaitent pas encore communiquer dessus. Même si, avec plus d'un million de pages vues, les lectrices sont déjà nombreuses au rendez-vous. « Avec Abracadacraft, j'ai divisé mon salaire par deux, reconnaît Nathalie. Mais c'est incroyable de vivre de sa passion ! »

Ses conseils ?

« Sans démarche professionnelle, aucune chance d'émerger de la Toile pour se faire un nom. Et quand les annonceurs commencent à venir, ne pas accepter n'importe quoi, par exemple 30 euros contre un billet. Il faut être clair sur sa stratégie et viser les annonceurs qualitatifs en lien avec sa thématique. »

Témoignage...

Adeline Gressin, créatrice du blog Voyages, etc.

Voyages, etc. : la routarde de la blogosphère.

Pour avoir une chance de croiser Adeline, mieux vaut prendre pension dans les salles d'embarquement des aéroports. Adeline Gressin, c'est une blogueuse, une autoentrepreneuse, et avant tout une routarde. Une passionnée de voyage qui a fait de sa passion son job à temps plein. Avant cette vie, elle travaillait dans une agence média : « Je m'ennuyais ferme, raconte-t-elle. Un jour, j'ai craqué et pris une année sabbatique. Pour faire le tour du monde. Afin de ne pas avoir de “trou” dans mon CV à mon retour, j'ai décidé de créer un blog. » C'est donc en 2009 que Voyages, etc. verra le jour. Un blog qu'elle a créé seule, sans vraiment s'y connaître : « Je voulais faire quelque chose de très personnel, sans hébergeur : c'était donc un saut dans l'inconnu, aussi bien pour l'écriture que pour la technique ! »

Un riche potentiel en termes d'image et de communication

À son retour, Adeline se replonge quelques mois dans le monde du salariat, mais l'appel du large est plus fort : « Je me suis donné un an pour voir ce que pouvait donner l'aventure, en me consacrant à 100 % à mon blog. J'ai vraiment travaillé l'axe fort de mon blog – le voyage en solo –, enrichi mes textes avec de plus en plus de photos. Et j'ai créé, avec d'autres blogueurs, une association de voyageurs. » C'est grâce à cette association qu'Adeline se fait repérer : le monde du tourisme est un petit milieu, et les professionnels du secteur commencent à sentir le potentiel des blogueurs en termes d'image et de communication. Pour aller encore plus loin, avec quatre blogueurs, Adeline lance le Collectif des Blogueurs Voyage en juillet 2013. « Les professionnels du tourisme sont à la recherche de contenus. À l'étranger, les relations entre ces pros et les blogueurs sont bien structurées. La France est en retard... Le Collectif va nous aider à professionnaliser notre offre, à aller les voir avec des propositions, des idées de sujets. Je m'inspire des blogueurs anglophones, ainsi que de mon expérience de publicitaire. Je participe aussi à des conférences de blogueurs. » Côté finances, Adeline ne souhaite pas encore communiquer de chiffre d'affaires, car l'aventure ne fait que commencer. Autoentrepreneuse, elle avoue toutefois qu'elle arrive aujourd'hui à vivre de sa passion et envisage, à l'avenir, de changer de statut. Ses sources de revenus ? Des liens sur son blog, quelques piges pour des médias. Et, surtout, des voyages.

Sortir de son monde virtuel pour aller vers les autres

« Le plus important est de ne pas perdre son identité, de ne pas accepter des partenariats qui ne nous correspondent pas. Il faut aussi travailler son réseau, ne pas rester seul derrière son écran d'ordinateur. Mon nom ressort souvent dans les classements, sans doute parce que je sors de mon monde virtuel pour aller vers les autres et que je suis aussi active sur les réseaux sociaux en parallèle. »

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