Dossier spécial :
Faire du business grâce au numérique

Créateurs d'entreprise, entrez dans l'ère de l'entreprise 2.0 !

Connaissez-vous le point commun entre une petite souris, une mercerie, des préparations pour gâteaux et une globe-trotteuse passionnée ? Toutes rencontrent un beau succès sur la Toile. Toutes sont des histoires de créateurs qui ont su fait rimer entreprise et numérique pour booster leur activité, leur chiffre d'affaires, leur notoriété, etc. Nous vous proposons de rencontrer certains d'entre eux dans ce dossier consacré à la création d'entreprise 2.0.

Car Internet, c'est aujourd'hui un vaste territoire qui ouvre les portes de la création d'entreprise à tous les profils, du geek à la passionnée de broderie. Côté geek, la belle histoire de Transformice a de quoi en faire rêver plus d'un. En effet, c'est pour s'amuser que Mélanie, graphiste, et Jean-Baptiste, développeur, décident de créer, en 2009, un petit jeu en ligne – Transformice –, où la star est une petite souris. Aujourd'hui, la souris a donné naissance à une véritable entreprise, et le jeu a conquis la planète avec 4 millions de joueurs, dont 49 % au Brésil. Mais si le Net ouvre l'horizon des créateurs en leur donnant accès à un marché potentiellement mondial, cela n'est pas réservé qu'aux geeks. C'est notamment ce que montre la belle histoire de Mapetitemercerie. En moins de trois ans, ce site de mercerie classé dans le top 100 des entreprises du e-commerce a multiplié par trois son chiffre d'affaires et s'est hissé au rang des entreprises les plus prometteuses du Net.

Faire du net un accélérateur de croissance

Selon le dernier baromètre 2013 OpinionWay pour PriceMinister-Rakuten et le groupe La Poste, 52 % des entreprises de moins de 50 salariés sont présentes sur Internet, soit une augmentation de 4 points par rapport à l'an passé. Près de la moitié des entreprises qui vendent sur Internet ont réalisé plus de 10 % de leur chiffre d'affaires par ce biais. Et 26 % vendent ainsi à l'étranger ! C'est précisément pour aider les petites entreprises à se faire une place sur Internet qu'un jeune créateur, Gautier Cassagnau, a monté sa boîte, Geolid. Son créneau : proposer des solutions de marketing géolocalisé aux artisans, aux TPE et aux PME. Cette offre semble convaincre puisque, entre 2011 et 2012, Geolid a doublé son chiffre d'affaires (3 806 K€ en 2012) et ses effectifs (80 salariés en 2012). Sa dernière levée de fonds (3 000 K€) est notamment destinée au recrutement d'une centaine de salariés. De quoi susciter des vocations !

Des créneaux à investir

Aujourd'hui, le numérique recèle nombre de créneaux que les créateurs d'entreprise peuvent investir. Mais pas n'importe comment. En effet, le ecommerce continue à exploser, mais cette croissance profite très peu aux nouveaux créateurs. Souvent, les places sont déjà prises. La clé ? Investir des microniches et cibler des secteurs où les coûts d'entrée sont encore accessibles. Les tendances lourdes ? L'émergence des m-services, la e-santé, l'économie collaborative, etc. Le numérique permet de se lancer rapidement, pourquoi pas chez soi. Des atouts qui attirent à condition d'en tirer le meilleur parti. N'oubliez pas qu'en 2014, vous aurez affaire à acheteurs de plus en plus rusés. Pour susciter chez eux l'effet « waouah », découvrez les conseils de créateurs et d'experts tout au long de notre dossier.

Le point de vue de l'expert...

Amine Chelly, responsable Incubateur EDC Capital, professeur d'entrepreneuriat EDC Paris Coster

Quelles sont les grandes tendances du business sur le Web ?

Les plates-formes multiface sont incontestablement les grandes tendances du business sur le Web. Elles sont conçues pour être collaboratives, c'est-à-dire pour permettre la mise en relation entre particuliers afin de louer, acheter, vendre, trouver des financements, partager un bien, etc. Certaines sont un vrai succès, comme Airbnb, Blablacar, Parkadom...

Sur quels créneaux est-il possible de se lancer ?

Les services aux entreprises et aux particuliers. Proposer des solutions pour leur faire économiser de l'argent est une réelle opportunité d'affaires en ces temps de restrictions budgétaires. Le e-commerce reste encore un créneau possible pour se lancer. Encore faut-il trouver LE produit à vendre sur la Toile. Certains succès étaient assez inimaginables et pourtant, ça a marché ! Regardez la réussite de Sarenza !

Beaucoup de créateurs pensent que créer sur le Web demande moins d'investissements financiers que dans « le réel ». Une idée reçue selon vous ?

Oui et non ! Tout dépend de votre business model et de votre créneau. Il est clair que le lancement d'une boutique en ligne coûtera beaucoup moins cher que de créer une « vraie » boutique. En revanche, certains développements de plates-formes sont extrêmement coûteux, car cela nécessite des compétences techniques spécifiques. Le budget de communication peut également être un poste de dépenses très élevé.

Faut-il absolument être un geek pour se lancer ?

Certainement pas ! Aujourd'hui, des solutions existent pour créer un site en peu de temps, avec peu d'argent et surtout sans connaître la moindre technique de développement s'y afférant. Il faut surtout être vigilant vis-à-vis de ce qui vous entoure, de votre environnement, afin d'identifier l'idée qui sera peut-être une réelle opportunité d'affaires.

Le Web, c'est aussi un outil précieux pour faire connaître son entreprise, pour trouver des clients. Les TPE utilisent-elles suffisamment ce média ?

En France, malheureusement non ! Et, curieusement, c'est surtout par peur de « mal faire » les choses. C'est la raison pour laquelle ces TPE ne doivent pas hésiter à faire appel à des professionnels du Webmarketing pour être aidées et conseillées.

Quels conseils donneriez-vous à un futur entrepreneur du Web ?

Je leur conseillerais, entre autres, de :

  • inventer un business model disruptif qui propose un vrai changement de la manière de consommer, acheter, vendre, utiliser, etc. ;
  • tester le business model sur le terrain pour confirmer (ou infirmer) l'existence d'un vrai marché ;
  • utiliser les réseaux sociaux pour se faire connaître et augmenter l'audience du business ciblé ;
  • constituer une équipe entrepreneuriale compétente et complémentaire.

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Croire qu'un beau site, très design, suffit pour réussir sur le Web ! La forme ne compense jamais le fond ! Ou alors dépenser trop d'argent dans la communication au début sans savoir quelle est la technique la plus rentable pour le créateur d'entreprise web (référencement naturel, payant, affiliation, bannières, etc.). Ou encore, s'imaginer que faire du business sur le Web ne demandera pas d'être concrètement sur le terrain auprès des clients ou des partenaires clés.

Contactez l'équipe

N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse :

routard@lesechos.fr

Fermer x