BANQUES : OUI, UN CRÉATEUR PEUT CONVAINCRE UN BANQUIER !
Contracter un prêt pour se lancer : tout le monde y pense, mais peu de créateurs franchissent le cap. Nos conseils pour séduire votre banquier.Qu’est-ce que c’est ? Le prêt bancaire est le mode de financement auquel pensent d’emblée bon nombre de créateurs. Premier constat : seul un quart du financement des nouveaux projets repose sur des emprunts bancaires ! Pour décrocher un prêt, un apport minimal est indispensable. En règle générale, on estime que le créateur doit pouvoir apporter 30 % du montant total. Mais ce taux varie selon le secteur, le projet, le profil... Les prêts professionnels accordés aux créateurs s’étendent en principe sur une durée de deux à sept ans (jusqu’à quinze ans dans le cadre d’une acquisition immobilière). Bon à savoir : en général, les banques ne financent pas les besoins immatériels, la trésorerie, mais plutôt les biens durables comme l’équipement. On distingue deux catégories de financement bancaire pour les créateurs : le prêt classique et le crédit-bail (le bien financé reste la propriété de la banque jusqu’à son rachat par l’entreprise). La location longue durée est également possible. Enfin, qui dit prêt dit garantie. En effet, votre banquier cherchera toujours à se garantir en vous demandant une caution personnelle. Un créateur souhaitant limiter les risques pourra se tourner vers des organismes spécialisés dans le cautionnement : Oséo, Siagi, France Active, Interfimo et SOCAMA.
Pour qui ? Pour ceux qui ont déjà des fonds ! Inutile de penser convaincre un banquier sans montrer que vous-même avez pu réunir de l’argent ! Les « casseroles personnelles » comme les découverts sont interdits : votre banquier épluchera votre passé avant de se pencher sur votre projet ! Enfin, si vous pensez avoir assez d’apport pour vous lancer sans crédit, n’oubliez pas qu’il vaut toujours mieux en garder une partie en cas de coup dur et avoir recours à un prêt, même restreint. Qui contacter ? Très en amont, n’hésitez pas à aller voir votre banquier, de manière informelle. Parlez-lui de votre idée, du montant de votre apport personnel. Cela vous permettra d’estimer votre capacité d’endettement et de ne pas construire un business plan déconnecté de la réalité. Démarchez plusieurs banquiers simultanément afin de ne pas perdre de temps en cas de refus. Ciblez les banques qui communiquent sur leur soutien à la création d’entreprise ou qui ont passé des accords avec les réseaux d’aide (comme le Crédit agricole…).
Nos conseils : Pour convaincre un banquier, pas de surprise : la clé, c’est de réaliser auparavant un dossier de présentation professionnel, incluant les données de votre étude de marché, votre business plan. Accompagnez- le d’un document de synthèse reprenant les idées fortes et les chiffres principaux. Si le projet est très technique, traduisez-le en termes compréhensibles pour un non-spécialiste. L’entrepreneur a plus que jamais besoin d’être accompagné dans ses décisions. Particulièrement, parce qu’une accessibilité rapide à la solution de financement adéquate conditionne l’avenir d’une entreprise. Qui mieux que l’expert-comptable est apte à guider le chef d’entreprise, avec éthique et compétence, dans les méandres des offres de financement public et privé. Il identifie rapidement les offres les plus adaptées aux besoins de ses clients, tel que le crédit à 25 000 euros.
Border Line
Sébastien Specht
« Une tournée de vingt-cinq banques avant d’en trouver deux ! »
« Dandy des Bas-fond », « Nymphette Délicieuse »… Derrière ces noms se cachent de petites bouteilles de jus de fruits premium qui commencent à faire un carton dans des points de vente haut de gamme de la capitale. Et derrière ces bouteilles, quatre jeunes qui se sont lancés dans l’aventure de la création avec Border Line. Leur concept ? Créer, faire fabriquer puis commercialiser des jus de fruits premium dédiés au snacking et à l’apéritif sans alcool. Des mélanges audacieux et tendance (poire williams/rhubarbe/cannelle poivrée, ou goyave rose/fraise/violette). Un cocktail détonant ! Pour autant le financement a été difficile. « Nous avions besoin de 120 000 € pour financer la création, le site web, la première production et le fonds de roulement, conséquent pour notre activité, détaille Sébastien Specht. Nous avons dû faire la tournée de vingt-cinq banques avant d’en trouver deux qui nous suivent ! Le problème, c’est que notre business model n’implique pas l’achat de machines, mais de la trésorerie pour les stocks, ce que les banques n’aiment pas financer. »
Pour se lancer, les quatre jeunes ont vendu leurs voitures (25 000 €) et contracté deux prêts d’honneur (33 000 €). Ce fut d’ailleurs un bon levier pour décrocher un prêt. Malgré tout, la tournée des banques s’annonçait rude : « Nous n’avions aucun produit à montrer ! Les banquiers s’imaginaient que nous vendrions en grande surface. Il a fallu leur expliquer que nous ciblions une niche, des points de vente haut de gamme ! De même, lors de nos premiers rendez-vous, notre présentation et notre business plan faisaient trop scolaires, trop « parfaits sur le papier », comme nous le disaient les banquiers. Nous avons donc rectifié le tir. Mais ce qui est difficile, c’est que les refus ne sont pas justifiés. Pas facile pour s’améliorer ! » À chaque rendez-vous, les rôles sont bien distribués : « Je m’occupe des aspects financiers, je suis plutôt posé, ce qui rassure les banquiers, explique Sébastien. Grégoire, lui, gère le commercial, avec fougue et dynamisme. » Finalement, Border Line séduira deux banques pour un prêt total de 55 000 €. « Ces deux banques sont basées en Alsace, où nous nous sommes installés. Ici, on trouve plus de proximité, d’effet réseau, qu’à Paris. Le déclic, pour le banquier, c’est de croire à notre projet. L’affect joue vraiment, car le banquier est ensuite plus convaincant lorsqu’il présente le dossier face au comité décisionnaire. » Depuis, pour augmenter leur capital, les jeunes créateurs ont trouvé un investisseur externe.
Suivez l’aventure
de Sébastien :
www.border-line.fr













