Love Money : Quand vos proches soutiennent votre projet !
Cela semble logique, mais nombre de créateurs l’oublient : vos proches peuvent vous aider à lancer votre affaire !Qu’est-ce que c’est ? L’argent des 3 F : friends, family and fools (en français, les « 3 C » : cousins, copains et cinglés !). En clair, l’argent qu’un créateur rassemble auprès de ses proches. « Même en cas de petits montants, le banquier sera toujours plus favorable à un créateur qui a su convaincre ses amis ou sa famille de le suivre ! », souligne-t-on à l’Agence pour la création d’entreprises. Concrètement, quels que soient les montants en jeu,la love money viendra s’ajouter aux fonds propres de l’entreprise. Il peut s’agir d’un simple prêt entre particuliers, mais aussi d’une entrée au capital de votre entreprise. Argument de poids : les proches souscrivant au capital d’une société en création bénéficient d’une réduction d’impôt sur le revenu. Cette réduction, sous conditions, est égale à 22 % du montant des versements, avec un plafond de versement pouvant atteindre 50 000 € (personne seule) et 100 000 € (couple). Des réductions sont également possibles pour les assujettis à l’impôt sur la fortune.
Vos proches ne peuvent pas vous aider ? Pensez au crowfunding ! En effet, plusieurs sites mettent aujourd’hui en relation des porteurs de projet avec des internautes qui veulent miser sur eux. Les sommes levées peuvent aller de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros, selon les projets et les sites. Attention : il s’agit d’un emprunt, avec un taux d’intérêt, doublé d’une commission prélevée par le site.
Love money et crowfunding présentent un autre intérêt que l’argent : c’est aussi un moyen de se faire connaître, grâce au pouvoir de buzz de vos souscripteurs.
Pour qui ? C’est la solution idéale pour ceux qui n’ont pas accès aux autres modes de financement, ou qui ne veulent pas solliciter les banques au début. C’est aussi un moyen de muscler ses fonds propres et ainsi d’arriver mieux armé face aux banquiers.
Qui contacter ? Votre entourage ! La love money peut être sollicitée auprès de votre famille, bien sûr, de vos amis, mais aussi auprès de votre cercle professionnel : anciens collègues, fournisseurs, relations de travail... Du côté du financement participatif, plusieurs sites existent, comme masuccessstory.com ou wiseed.fr.
Nos conseils : Même entre proches, il est préférable d’être très clair au début sur l’organisation – les règles du jeu qui arbitreront vos futures relations. Mieux vaut aussi que les deux parties rédigent un document qui précisera les modalités de remboursement afin que chacun puisse faire valoir ses droits en cas de conflit – une modalité obligatoire lorsque le montant est supérieur à 760 € et qui s’accompagne d’une déclaration à l’administration fiscale. Ce contrat précise et encadre les conditions : somme prêtée, échéances de remboursement, taux d’intérêt… Informez vos investisseurs régulièrement sur la santé de votre entreprise, communiquez pour les rassurer, mais ne mentez pas : en phase de création, c’est le créateur qui reste maître à bord. Même entrés au capital, ils ne sont pas cogérants ! Ils pourront vous conseiller, mais si vous souhaitez garder la main, définissez les règles de prises de décision dès le départ.
Faguo Shoes
Frédéric Mugnier et Nicolas Rohr
« Grâce à 13 amis, de l’argent et du buzz ! »
Faguo, c’est l’un des derniers grands buzz sur Internet. « Une paire de basket achetée, un arbre planté » : derrière ce slogan, deux jeunes créateurs de 22 ans : Frédéric Mugnier et Nicolas Rohr. « Pour démarrer, nous avions besoin de 50 000 € environ, que nous n’avions pas, se souvient Frédéric. Chacun de notre côté, nous avons contracté un prêt étudiant de 17 500 €. On était loin du compte !
Face aux banquiers, notre dossier ne suffisait pas pour convaincre. Même en sortant d’une école de commerce, notre profil ne leur semblait pas assez solide. C’est alors que nous nous sommes tournés vers nos proches. Nous avons d’abord sollicité chacun un de nos parents et le grand-père de Nicolas. Chacun d’eux est entré à hauteur de 1 % dans notre capital. Ils font un peu figure de sages, avec du recul, ils ne pensent pas seulement à l’argent mais voient à plus long terme. En parallèle, nous nous sommes tournés vers nos amis. Et ce n’est pas parce que l’on sollicite des amis qu’ils sont forcément plus simples à convaincre ! Il avraiment fallu les persuader du potentiel du projet,peaufiner nos arguments en fonction de la sensibilité de chacun. Certains nous ont dit non. Bref, un très bon exercice.
Nos amis étant jeunes, les sommes qu’ils apportaient, même si elles peuvent paraître modestes, étaient à l’époque une part conséquente de leurs économies. Au final, nous avons donc rassemblé, parents et amis confondus, treize investisseurs privés, qui possèdent de 1 à 4 % du capital, chacun apportant entre 500 et 2 000 €. Nicolas et moi restons majoritaires, avec chacun 35 % du capital de Faguo.
Cette love money, outre bien évidemment son intérêt pour nous aider à démarrer, a d’autres atouts : tout d’abord, en cas de divergence entre Nicolas et moi, nous avons des arbitres qui peuvent nous aider à trancher. Même si le cas ne s’est pas produit, cela nous rassure de ne pas être seuls à 50-50. L’autre énorme atout, c’est que ces investisseurs-amis ont constitué un formidable réseau de prescripteurs pour nos débuts. Ils ont été nos premiers clients, ont fait le buzz sur les réseaux sociaux autour de la marque, devenant des «ambassadeurs» de Faguo, un peu sur le même modèle que My Major Compagny (site internet permettant à des artistes de trouver des investisseurs privés pour enregistrer leurs titres). Un énorme coup de pouce ! »
Aujourd’hui, les résultats sont au rendez-vous, avec un chiffre d’affaire passé de 350 000 € la première année à 700 000 € l’an dernier et 1,4 million aujourd’hui.
Suivez l’aventure
de Frédéric et Nicolas :
www.faguo-shoes.com













