POURQUOI PAS LA FRANCHISE ?
Pour sécuriser votre projet de création d'entreprise, vous pouvez aussi décider d'intégrer un réseau, afin de bénéficier d'un concept à succès et de la transmission d'un savoir-faire différencié. Avec 1 477 réseaux, 58 351 entreprises franchisées en 2009 (en augmentation de 5,1 % par rapport à 2008) et plus de 47,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires (source Fédération française de la franchise), la franchise est en plein essor. De son côté, avec 124 enseignes nationales, le commerce associé représente dans son ensemble un chiffre d'affaires de 123,5 milliards d'euros et totalise 39 116 points de vente pour 30 223 entrepreneurs indépendants (source Fédération du commerce associé, chiffres 2010). Le taux de survie à 5 ans des entreprises en réseau est largement supérieur à celui des entreprises créées en solo.
Les différentes formes de commerce indépendant organisé
La franchise
Apparue dans les années 1930 et largement développée à partir des années 1970, la franchise est un contrat qui associe une entreprise propriétaire d'une marque ou d'une enseigne – le franchiseur – à un ou plusieurs commerçants indépendants – les franchisés. Le principe est la réitération d'une réussite. Le franchiseur s'engage à fournir un savoir-faire différencié et une assistance continue à ses franchisés, en échange d'un droit d'entrée et de redevances sur leur chiffre d'affaires.
Le commerce associé
Généralement géré sous forme de coopérative, le groupement (ou commerce associé) est un système qui fonctionne autour d'une centrale d'achat. L'objectif est de mutualiser les moyens et les savoir-faire. Les adhérents sont des entrepreneurs indépendants, à la fois actionnaires de la société commune et clients de la centrale. Le principe « un homme = une voix » est appliqué lors des votes en assemblée générale pour définir les options stratégiques de l'entreprise.
Autres types de fonctionnement
Plusieurs autres formules existent dans les réseaux de commerce indépendant organisé. La concession, très utilisée dans l'automobile, octroie obligatoirement une zone d'exclusivité territoriale, mais pas nécessairement un savoir-faire précis ni une réelle assistance. La commission-affiliation, plus pratiquée dans le prêt-à-porter, se rapproche davantage de la franchise dans son fonctionnement, mais le stock reste la propriété de l'enseigne. Enfin, la licence de marque donne simplement le droit d'utiliser une marque sur un territoire donné et pour une durée définie, en échange de redevances.
Les six raisons de créer son entreprise en réseau
Devenir son propre patron
En intégrant un réseau de commerce indépendant organisé, vous conservez votre propre identité juridique et financière. Vous êtes seul responsable de votre entreprise et de son bon fonctionnement. Cette indépendance permet à chaque adhérent de s'adapter aux exigences et aux attentes locales, avec la force d'une enseigne nationale.
S'appuyer sur la notoriété d'une enseigne
Vous bénéficiez d'une marque à forte notoriété. Nul besoin de faire vos preuves auprès de la clientèle : vous jouissez du travail antérieur d'un réseau qui a su développer et faire fructifier ses idées. Cela garantit aussi une certaine crédibilité vis-à-vis des organismes bancaires, auprès desquels vous devrez solliciter des prêts.
Bénéficier d'une méthode éprouvée
En acceptant un nouveau candidat, un franchiseur s'engage à lui transmettre son « savoir-faire », c'est-à-dire, selon la définition du règlement communautaire de 1999, un « ensemble d'informations pratiques non brevetées, résultant de l'expérience du franchiseur et testées par celui-ci, constituant un ensemble substantiel, identifié et secret ». Dans le commerce associé, il s'agira davantage de lui enseigner le métier, les techniques et les méthodes de travail du groupement.
Être accompagné tout au long du contrat
Dans le cadre de la franchise, vous êtes assisté dès la signature du contrat (aide au lancement, formation du franchisé et de son personnel, plans types pour l'aménagement du point de vente, plateforme logistique, etc.). Cette assistance vous assure un cadre normé et sécurisé pour développer votre projet, ainsi qu'une mise à jour constante de votre structure. Dans les groupements, les services peuvent également être nombreux : centrale d'achat et de référencement, outils de marketing, de gestion et de communication, assistance comptable…
éviter l'isolement propre aux chefs d'entreprise
De nombreux entrepreneurs sont confrontés à la difficulté de devoir prendre seuls les décisions stratégiques de leur structure. Les réseaux constituent donc un bon moyen pour échanger avec d'autres chefs d'entreprises qui partagent la même vision de leur métier et les mêmes problématiques de gestion. Vous pouvez ainsi confronter vos idées, bénéficier de l'expérience des autres membres du réseau et trouver un soutien technique et psychologique.
Contribuer à l'évolution de l'enseigne
Entreprendre en réseau, c'est aussi partager un projet collectif. Outre l'aventure de créer votre entreprise, vous participez à la vie de votre enseigne mère : innovations, sites pilotes, élargissement du réseau… Tout en restant indépendant, vous oeuvrez quotidiennement au développement et à la pérennité d'une marque nationale ou mondiale.
Les cinq étapes pour se lancer
Se poser les bonnes questions
Même si un projet de création d'entreprise en réseau est plus encadré qu'en solo, il constitue un engagement financier et psychologique très important. Avant de vous lancer, mieux vaut donc vérifier si vous avez un profil adapté à cette aventure. Les questions à se poser sont notamment les suivantes : préférez-vous adopter un concept éprouvé plutôt qu'inventer une nouvelle formule ? Voulez- vous être assisté dans votre lancement et accompagné tout au long de votre parcours d'entrepreneur ? Êtes-vous capable d'appliquer des consignes ? Avez-vous envie de vous impliquer dans un projet collectif ?
Choisir un secteur
Des réseaux de commerce indépendant organisé existent dans quasiment
tous les secteurs d'activité : auto-moto, hôtellerie-restauration, immobilier,
prêt-à-porter, grande et moyenne distribution, services aux entreprises, services
aux particuliers…
Vous pouvez vous renseigner sur les secteurs que vous connaissez bien,
mais également sur ceux qui vous sont complètement étrangers. En effet,
le système de la franchise, notamment, assure une formation qui permet à
des néophytes d'exercer un tout nouveau métier. Seules certaines professions
nécessitent un diplôme spécifique ou l'obtention d'une carte, comme
la coiffure ou l'immobilier, ou impliquent une connaissance du secteur, comme
l'informatique.
Mais ne vous contentez pas d'un coup de coeur : tenez compte également
de votre budget pour faire votre choix, car les coûts d'intégration peuvent
varier fortement selon les secteurs.
Sélectionner une enseigne
Une fois votre secteur choisi, reste à identifier le réseau idéal. Vous pouvez
commencer par consulter la presse spécialisée et les sites internet dédiés
à la franchise, afin de réaliser une première sélection d'enseignes qui vous
intéressent.
Pour affiner votre choix, rien ne remplace la rencontre : rendez-vous sur les
salons professionnels et discutez avec les têtes de réseaux. Au moment de
vous engager avec une enseigne, un DIP – document d'information précontractuelle
– doit vous être remis au moins 20 jours avant la signature du
contrat. Il contient un certain nombre de renseignements : l'ancienneté et
l'expérience de l'entreprise, l'état et les perspectives de développement du
marché, l'importance du réseau d'exploitants, etc.
Pour ne pas faire d'erreur de casting, il est conseillé de rencontrer d'autres
adhérents du réseau et de vérifier attentivement les données économiques
de l'enseigne : compte d'exploitation d'une unité, marge brute, retour sur
investissement… De préférence en compagnie d'un spécialiste (expertcomptable,
avocat).
Mais attention, votre profil doit aussi correspondre aux besoins du réseau.
En franchise, les candidatures sont généralement validées par le directeur du
développement et/ou par le président de l'enseigne. Dans les groupements,
la décision d'agrément revient au conseil d'administration ou à un comité
d'admission qui regroupe des adhérents.
Monter son dossier
Un projet d'ouverture en réseau reste une création d'entreprise. À ce titre, il
vous faudra passer par toutes les étapes décrites plus haut dans la rubrique
« Les 7 étapes clés pour créer votre entreprise » : choix de la forme juridique,
du régime fiscal et social du chef d'entreprise, dossier prévisionnel et
formalités administratives.
Cependant, la tête de réseau peut vous accompagner dans ce processus,
notamment dans la recherche de votre emplacement et dans votre étude
de marché – même s'il est recommandé de s'investir personnellement dans
ce choix. Le dossier financier peut également être réalisé avec des éléments
fournis par le franchiseur, en particulier pour les comptes prévision nels. Outre l'investissement initial servant à payer le droit d'entrée, l'achat
éventuel d'un fonds de commerce et les frais d'aménagement du local,
n'oubliez pas de prévoir votre besoin en fonds de roulement pour financer
vos premiers mois d'activité.
Spécificité importante dans les groupements : pour devenir associé, le candidat
n'a pas à verser de droits d'entrée, mais il doit souscrire un nombre
minimum de parts sociales – qu'il pourra revendre lors de sa sortie du réseau.
Les banques, qui ont pour la plupart créé des pôles dédiés au commerce
indépendant organisé, peuvent être de bon conseil. Si votre dossier n'est
pas assez solide, mieux vaut le savoir avant de signer un contrat pour 5 ans
ou plus !
Signer son contrat
Avant toute signature de contrat, il est fortement recommandé de faire relire
le document par un expert juridique – si possible un avocat spécialisé en
droit de la franchise.
Dans le commerce associé, les obligations réciproques sont essentiellement
régies par les statuts du groupement et le règlement intérieur. Un
contrat d'enseigne peut également être signé, mais ce n'est pas obligatoire.
De son côté, un contrat de franchise doit préciser un certain nombre de
points élémentaires. L'information principale est la durée, obligatoirement
déterminée. Elle doit donner le temps au franchisé de rentabiliser son investissement
initial (au moins 3 ans), avec un maximum de 10 ans en cas
d'approvisionnement exclusif. En tant que propriétaire d'une marque, le
franchiseur doit également s'engager à en transmettre les signes distinctifs
à ses franchisés, ainsi que son « savoir-faire », généralement décrit dans un
manuel opératoire. Par ailleurs, il se doit d'assurer une assistance continue
à ses franchisés, qu'elle soit technique et/ou commerciale.
Enfin, il est important de lire attentivement les clauses de sortie du réseau,
notamment les clauses de non-concurrence et de non-affiliation postcontractuelle,
ainsi que les clauses d'agrément ou de préemption, afin de
ne pas se retrouver dans une impasse en fin de contrat.
Le cas particulier de la reprise en franchise
Plus onéreuse qu'une création, la reprise permet à l'entrepreneur de démarrer
plus vite son activité : il dispose de bilans et de comptes de résultat pour
convaincre son banquier, et l'entreprise possède une équipe formée ainsi
qu'une clientèle établie. De plus, la reprise permet souvent de se payer dès
les premiers mois, contrairement à la création.
En revanche, l'opération est plus compliquée : le repreneur doit signer un
nouveau contrat de franchise, ce qui implique de convaincre à la fois le cédant
et le franchiseur, voire le bailleur. Par ailleurs, le diagnostic complet de
l'entreprise reprise est fondamental. Entre l'étude de la rentabilité, l'analyse
des passifs (litiges, dettes), l'évaluation de l'entreprise, les conseils d'un
expert de la franchise et une éventuelle mise à jour des obligations vis-à-vis
du franchiseur, le tout peut coûter jusqu'à 7 % de la transaction finale. Mais
le taux d'échec des entreprises reprises est divisé par deux en réseau.













