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LE MICROCRÉDIT, COUP DE POUCE POUR CRÉER SON ACTIVITÉ

Le microcrédit permet à des milliers de microentreprises de voir le jour. Créer son activité, son commerce, autant de possibilités offertes aux exclus du système bancaire classique.

Qu’est-ce que c’est ? Le microcrédit a été créé au cours des années 1970 d’abord dans les pays en voie de développement. L’objet initial était d’aider les femmes pauvres à développer de petites activités économiques. Peu à peu, la méthode s’exporte, notamment en France via Maria Nowak, fondatrice de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique).
Concrètement, le microcrédit est un crédit d’un faible montant, accordé sans garantie ou presque à des personnes exclues du système bancaire traditionnel. Le microcrédit permet de financer différents types de besoin : stock, trésorerie, investissement… Le microcrédit professionnel est plafonné en Europe à 25 000 €, mais en général il ne dépasse pas 6 000 €. Cependant, il peut être complété par un prêt d’honneur ou par des aides nationales ou locales pour un total maximal de 11 000 €.

Pour qui ? Le microcrédit s’adresse à des personnes écartées du système bancaire traditionnel et souhaitant développer une petite activité génératrice de revenus. Cela peut donc concerner des chômeurs, des bénéficiaires de minima sociaux… Le projet concerné peut être la création d’une activité, ou le développement d’une activité existante, comme par l’achat d’un véhicule pour faire croître son entreprise. Tous les types d’activité sont concernés, mais bien évidemment, vu le montant et le type d’aide, il s’agit le plus souvent de microentreprises, par exemple dans le commerce ou dans les services davantage que dans l’industrie.

Qui contacter ? L’acteur le plus important du microcrédit professionnel en France est l’association Adie. Pour trouver l’antenne proche de chez vous : www.adie.org. Localement, d’autres structures peuvent également proposer du microcrédit, telles que Crea-Sol dans le sud de la France (www.crea-sol.fr). La NEF, de son côté, propose des prêts professionnels pour des projets dans les domaines de l’environnement, de l’économie sociale et solidaire, de la culture... (www.lanef.com). Pour les trouver, contactez les plates-formes d’initiative locales, les CCI...

Nos conseils : Pour décrocher un microcrédit, un dossier vous sera demandé. L’Adie, par exemple, décide de l’octroi des prêts en fonction de trois principaux critères : vous (motivation, compétence, expérience), votre projet (potentiel de clientèle, chiffre d’affaires prévisionnel...) et votre capacité de remboursement. Plus que dans une banque, l’humain a ici une place prépondérante. Attention, ne l’oubliez pas : le microcrédit reste un crédit, avec des mensualités de remboursement, en général sur 30 mois. Par exemple, pour l’Adie, le taux d’intérêt pour un microcrédit professionnel est de 9,71 %. L’Adie demande également une contribution de solidarité égale à 5 % du montant emprunté. En outre, une caution personnelle à hauteur de 50 % du prêt est demandée mais peut être portée par une personne de l’entourage du créateur.

Le plus : le microcrédit est un bon outil de sécurisation de projet. Ainsi, l’Adie propose un accompagnement avant, pendant et après la création de l’entreprise, intégrant également des formations.

Pearls
Julie Rul

« Le microcrédit : 2 000 € qui ont changé ma vie. »

Un très beau poste de formatrice en maquillage au sein d’une prestigieuse chaîne sur les Champs-Élysées, des projets… mais une envie : créer sa boîte. « J’ai démissionné et je suis partie aux États-Unis pour trouver une idée de création et me lancer là-bas. » Malheureusement, au bout d’un an, il ne reste plus grand-chose des économies de Julie, et l’entreprise n’est toujours pas créée. Julie revient en France, mais avec tout de même une idée : le bubble tea, une boisson originale (à base de perles d’igname) née à Taïwan et qui fait un carton aux États-Unis. « Je n’avais plus rien pour me lancer. Je suis d’abord rentrée dans une couveuse d’entreprises pour travailler sur mon projet. Ensuite, j’ai entendu parler de l’Adie. J’ai monté un dossier. Dès que j’avais une question, un conseiller était là pour m’aider. J’ai ainsi obtenu un microcrédit de 2 000 €. 2 000 €, cela n’a l’air de rien, mais pour moi, c’était juste un nouveau départ. Avec cette somme, j’ai pu acheter le matériel et les matières premières nécessaires à la fabrication des boissons. » En parallèle, Julie arrive à convaincre la mairie de Rosny-sous-Bois de la laisser vendre ses boissons lors d’un festival : « J’y ai vendu pour 600 € de bubble tea et me suis fait connaître. Un vrai tremplin ! J’ai également eu l’honneur de réaliser le cocktail organisé par l’Adie lors de la venue de Mohammad Yunus (créateur du microcrédit et Prix Nobel de la paix). Extraordinaire pour une jeune créatrice comme moi ! L’Adie m’a permis de rencontrer d’autres créateurs avec qui on échange des idées, des savoir-faire, ainsi que des sociétés qui sont devenues de gros clients. Peu à peu, mes commandes ont financé mon développement. En parallèle, je remboursais le microcrédit de départ, de l’ordre de 60 à 80 € par mois. »

Aujourd’hui, Julie Rul a réorienté son activité vers une gamme traiteur pour les entreprises, inspirée par ses voyages. Fusion food, herbes aromatiques, fruits et légumes exotiques : elle crée ses plats comme des maquillages, bons mais aussi créatifs et colorés. « Cela marche très bien et je ne pense pas rester autoentrepreneur longtemps. Pourquoi pas même ouvrir une boutique ? Quand j’ai démarré, une banque n’aurait pas compris ma démarche, quitter un emploi très bien payé pour créer des bubble tea ! Le microcrédit m’a obligée, en démarrant « petit », à me poser les bonnes questions, à réfléchir à mon offre. Par exemple, au début, je n’avais pas pensé à cibler les professionnels, ce qui est mon marché aujourd’hui ! Bref, ce fut un vrai tremplin ! »