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ETAPE 3 - STATUT FISCAL : OPTEZ POUR LE REGIME LE PLUS APPROPRIE

L’imposition des bénéfices de l’entreprise

La détermination du bénéfice

Le bénéfice de l’entreprise est déterminé par la tenue de la comptabilité. Du résultat comptable, après quelques retraitements, découle en effet le résultat fiscal, qui sert de base d’imposition.

La comptabilité d’une entreprise commerciale, industrielle ou artisanale est tenue à partir d’une comptabilité d’engagements, c’est-à-dire en prenant en considération ses créances et ses dettes. Il n’est pas tenu compte des dates de règlement, mais de la date de la réalisation effective de l’opération. Ainsi, par exemple, une vente est rattachée à l’exercice comptable au cours duquel la marchandise est livrée, et non à celui pendant lequel le règlement de la facture est perçu. De même, si des prestations sont rendues avant la clôture d’un exercice, mais qu’elles n’ont pas encore donné lieu à facturation, elles doivent être tout de même prises en compte pour la détermination du résultat.

En revanche, les entreprises individuelles entrant dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (B.N.C.) déterminent en principe leur bénéfice d’après une comptabilité de trésorerie ; en pratique, cela concerne essentiellement les professions libérales. Seules les opérations effectivement encaissées et décaissées sont alors retenues pour le calcul du résultat.

Dans les deux cas, le résultat de l’entreprise est déterminé par la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des charges de l’entreprise. Seuls les montants hors taxes sont pris en compte, la TVA étant neutre pour l’entreprise (sauf si celle-ci n’est pas assujettie à cet impôt, comme nous le verrons plus loin).

Parmi les charges figurent notamment :

L’imposition des bénéfices dans l’entreprise individuelle

Lorsque l’entreprise est exploitée sous forme individuelle, il n’y a pas de distinction entre patrimoine privé et patrimoine professionnel. Conséquence fiscale directe de cette situation juridique, le bénéfice de l’entreprise est imposé au niveau du foyer fiscal de l’exploitant. Ce résultat imposable correspond au résultat dégagé par l’entreprise, qu’il soit prélevé ou non par l’exploitant ; il est déterminé après déduction des cotisations sociales du chef d’entreprise, mais pas de la rémunération qu’il s’alloue. Lorsque le résultat est positif, le bénéfice, avant d’être imposé, est majoré de 25 % si le créateur n’adhère pas à un centre ou à une association de gestion. Il a donc tout intérêt à envisager une telle adhésion dès le début d’activité, sauf lorsqu’il prévoit un bénéfice symbolique ou un déficit. L’adhésion se fait auprès d’un centre de gestion agréé pour les artisans commerçants, dont le résultat est imposé dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (B.I.C.) ; auprès d’une association agréée pour les professions libérales imposées dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (B.N.C.). Depuis le 1er janvier 2010, les entreprises qui le souhaitent peuvent toutefois choisir d’avoir recours à un expert agréé par l’administration fiscale, plutôt que d’adhérer à un centre de gestion agréé ou à une association agréée, pour être dispensées de la majoration de 25 %.

Lorsque l’entreprise dégage un résultat déficitaire, celui-ci s’impute sur le revenu global du chef d’entreprise, c’est-à-dire sur les autres revenus de son foyer. Au cas où ceux-ci seraient insuffisants, le solde est reportable sur les revenus des six années suivantes sans limitation de montant. Cette imputation des déficits est propre aux entreprises individuelles ; dans le cadre d’une création, les premiers mois d’activité étant parfois difficiles et pouvant donc générer des pertes, l’imputation de celles-ci sur le revenu global constitue un avantage très appréciable. Attention, les règles sont différentes dans le cas d’une E.I.R.L. ayant opté pour l’impôt sur les sociétes (voir ci-après).

L’imposition des bénéfices dans une société

Lorsque l’activité est exercée à travers une société ou une E.I.R.L. ayant opté pour l’impôt sur les sociétés, le régime d’imposition est différent : la société est en principe assujettie à l’impôt sur les sociétés. Néanmoins, dans certains cas, le résultat est soumis à l’impôt sur le revenu, comme celui d’une entreprise individuelle : il en est ainsi pour les E.U.R.L et les E.I.R.L n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés ou pour les S.A.R.L. dites de famille ayant opté pour l’impôt sur le revenu. De même, la loi de modernisation de l’économie de juillet 2008 permet, sous certaines conditions, aux S.A.S. et S.A.R.L. non cotées, créées depuis moins de 5 ans, d’opter pour le régime des sociétés de personnes.

Hormis ces cas particuliers, du fait de la séparation patrimoniale découlant de la création de la société, une imposition est établie au nom de celle-ci, sur son propre résultat. Ne sont imposés au niveau du foyer fiscal de l’exploitant que les revenus qu’il a effectivement prélevés, la part de bénéfices restant dans la société n’étant pas taxée à son niveau. Pour cette raison, l’exercice sous forme de société est souvent avantageux en cas d’endettement. En effet, le bénéfice, servant en partie au remboursement de l’emprunt, ne peut pas être totalement prélevé par le dirigeant. Grâce à l’écran de la société, le dirigeant n’est pas imposé sur la quote-part de bénéfice qu’il ne prélève pas et qui reste investie dans sa société.

Autre particularité, le résultat de la société est déterminé après déduction de la rémunération du dirigeant et des charges sociales qui s’y rapportent. Il est soumis à l’impôt sur les sociétés au taux suivant :

Et lorsque le résultat est déficitaire, il se reporte sur les résultats des exercices suivants et s’impute sur les bénéfices futurs sans limitation de durée. Au niveau du dirigeant, les rémunérations perçues sont imposées dans la catégorie des traitements et salaires, et ouvrent droit à un abattement de 10 % pour frais professionnels (sauf option pour la déduction des frais réels). Le bénéfice de la société, une fois l’impôt sur les sociétés payé, peut soit être laissé investi dans l’entreprise (inscription en réserves), soit faire l’objet d’une distribution de dividendes totale ou partielle. Cette distribution est alors imposée entre les mains de l’associé qui la perçoit : les sommes versées bénéficiant toutefois d’un abattement à hauteur de 40 % de leur montant. S’y ajoute un abattement annuel de 1 525 € pour les personnes célibataires, veuves ou divorcées, ou de 3 050 € pour les couples mariés ou pacsés. La somme nette ainsi obtenue est soumise à l’impôt sur le revenu. La loi réserve la possibilité de remplacer cette imposition par un prélèvement libératoire qui en principe doit être réservé aux dividendes de montant important. Ces dividendes sont également soumis à la contribution sociale généralisée (C.S.G.) et autres prélèvements sociaux, au taux cumulé de 12,3 % appliqué sur le net perçu avant tout abattement. Ces 12,3 % sont retenus à la source par la société qui distribue les dividendes.

Le choix du régime fiscal

Les petites entreprises relevant de l’impôt sur le revenu bénéficient de dispositions particulières qui leur permettent d’alléger les obligations fiscales auxquelles elles sont en principe soumises. Ces dispositions se rapportent au régime d’imposition, c’est-à-dire à l’ensemble des obligations déclaratives et des règles d’imposition qui trouvent à s’appliquer. On distingue le régime micro des régimes réels (normal et simplifié). Ces obligations diffèrent aussi en fonction de la taille de l’entreprise, taille estimée par référence au chiffre d’affaires réalisé. Étant précisé que les entreprises qui souhaitent relever d’un autre régime que le régime simplifié applicable peuvent normalement, sous certaines conditions, exercer des options en ce sens.

Point important : avec le régime micro-BIC/BNC réservé aux très petites entreprises, les charges sont évaluées forfaitairement par rapport au chiffre d’affaires réalisé, ce qui n’est pas la règle dans les deux autres régimes. Et le régime micro permet, entre autres, un allègement très significatif du formalisme déclaratif.

L’assujettissement à la TVA

Le mécanisme de la TVA

La taxe sur la valeur ajoutée est un impôt qui ne touche que le consommateur final et qui est d’un niveau identique quels que soient le processus de production et la chaîne de commercialisation du produit ou du service considéré. Dès lors qu’elle exerce une activité assujettie à TVA, l’entreprise doit soumettre à cette taxe l’ensemble de ses ventes. À ce titre, elle collecte pour le compte du Trésor public un impôt auprès de ses clients, qu’elle reverse chaque mois, ou chaque trimestre, à l’administration. En contrepartie, l’entreprise a le droit de récupérer la TVA appliquée à ses achats par ses fournisseurs. Ce reversement et cette déduction de la TVA se font au moyen d’un imprimé déclaratif spécialement prévu à cet effet : l’imprimé CA 3. Ainsi, l’entreprise reverse au Trésor public une TVA nette correspondant à une taxe frappant la valeur ajoutée réellement produite par l’entreprise sur la période. La TVA est donc un impôt neutre pour l’entreprise, sauf si celle-ci exerce une activité non assujettie : dans ce cas, elle paie de la TVA à ses fournisseurs, mais ne peut pas la récupérer. Cependant, seules quelques activités sont exclues du champ d’application de la TVA, principalement les activités médicales et de location de locaux nus d’habitation.

La date d’exigibilité et de déduction de la TVA, et donc de reversement au Trésor public, dépend de la nature de l’opération à laquelle elle se rapporte. S’il s’agit d’une livraison de bien, la TVA est à reverser (ou à déduire pour un achat) à la fin du mois au cours duquel le bien a été livré, même si le règlement n’est pas intervenu. Tant qu’elle n’est pas payée par ses clients, l’entreprise doit donc faire l’avance au Trésor public de la TVA sur ses ventes. Cela entraîne un accroissement de son besoin en fonds de roulement.

Dans le cadre d’une prestation de services, la règle est différente : la TVA est exigible ou à déduire seulement au jour du règlement de la prestation. L’entreprise n’a donc pas à avancer la taxe au Trésor public.

Régime fiscal applicable selon le chiffre d’affaires
Chiffre d'affaires HT(1)Régime applicable
droit communsur option
Entreprises de négoce, vente sur place, fourniture de logementsInférieur à 81 500 €Micro-BIC(2)
et franchise de TVA
Régime simplifié
ou réel normal
De 81 500 à 777 000 €Régime simplifié (RSI)Régime réel normal
Au-delà de 777 000 €Régime réel normal
Prestataires de servicesInférieur à 32 600 €Micro-BIC/BNC(3)
et franchise de TVA
Régime simplifié
ou réel normal
De 32 600 à 234 000 €Régime simplifié (RSI)Régime réel normal
Au-delà de 234 000 €Régime réel normal

(1) Les seuils de chiffre d’affaires s’apprécient hors taxes et par référence à l’année précédente, ramenée sur 12 mois si la durée effective d’exploitation est supérieure ou inférieure. Ils sont réactualisés chaque année.
(2) BIC : bénéfices industriels et commerciaux.
(3) BNC : bénéfices non commerciaux.

Le choix du régime d’imposition

Comme en matière d’imposition des bénéfices, il existe trois régimes d’imposition à la TVA, qui sont fonction du montant du chiffre d’affaires réalisé :

Selon celui qui est applicable, les obligations de l’entreprise seront différentes. Grosse particularité, le régime de la franchise en base réservé aux très petites entreprises dispense les assujettis à la TVA de toute déclaration et de tout paiement relatifs à cet impôt. En contrepartie, les personnes qui bénéficient de ce régime ne peuvent pas déduire la TVA qui grève leurs frais généraux et leurs investissements, et elles doivent porter sur leurs factures la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».