ETAPE 4 - REGIME SOCIAL : PREVOYEZ LA BONNE COUVERTURE
Votre régime social dépend aussi de la structure juridique dans laquelle vous exercez votre profession. Selon celle-ci, vous relevez soit du régime des travailleurs non salariés, soit de celui des salariés cadres. Le régime social recouvre à la fois votre couverture maladie, prévoyance et retraite ; son choix a de lourdes incidences financières immédiates comme futures.
Dans les entreprises individuelles, E.I.R.L, E.U.R.L., S.A.R.L. à gérance majoritaire
Application du régime des travailleurs non salariés
Si vous êtes responsable d’une entreprise individuelle ou d'une E.I.R.L.,
vous relevez du régime des travailleurs non salariés. À ce titre, vous serez
inscrit auprès de caisses spécifiques. Il en est de même si vous êtes gérant
d’une E.U.R.L. ou d’une S.A.R.L. que vous possédez majoritairement seul ou avec l’ensemble
des autres gérants.
Dès lors que vous entrez dans cette catégorie, vous devez être inscrit auprès
du régime social des indépendants (R.S.I.), chargé de la gestion des régimes sociaux des professions
indépendantes.
Les travailleurs non salariés bénéficient de garanties dans quatre domaines :
maladie-maternité, invalidité-décès retraite de base et complémentaire, et allocations familiales.
Ce régime des travailleurs non salariés a connu de grandes évolutions
ces dernières années : outre que le régime obligatoire offre aujourd’hui les
mêmes garanties que le régime de base des salariés non cadres, sauf la
couverture Assedic dont les dirigeants sont systématiquement exclus, il peut
être largement amélioré par la mise en oeuvre de régimes complémentaires
fiscalement déductibles grâce à la loi Madelin. Ces compléments (mutuelle
Le B.a.ba de la création d’entreprise
pour la maladie, régime prévoyance en cas d’invalidité ou de décès, ou
régime supplémentaire de retraite), s’ils sont bien réfléchis et correctement
ajustés aux besoins réels du dirigeant, peuvent offrir une excellente garantie.
L’adhésion à ces couvertures complémentaires impose donc au préalable de
parfaitement définir les besoins que l’on souhaite couvrir.
En effet, s’agissant
de dispositifs individualisés, ils permettent de mettre en place des garanties
sur mesure évitant ainsi les inconvénients de régimes collectifs qui offrent
parfois des garanties qui n’intéressent pas certains adhérents, des garanties
liées par exemple à leur structure familiale. Ainsi, une personne célibataire
de 50 ans n’aura pas les mêmes objectifs de couverture complémentaire
qu’une personne récemment mariée et ayant de jeunes enfants. Cette réflexion
individualisée peut être menée avec un assureur spécialisé dans le
domaine des assurances de personnes. L’adhésion à ces régimes complémentaires
engendre des coûts non négligeables. Mais en contrepartie, elle
offre des garanties sociales parfois indispensables. Elle doit donc faire l’objet
d’une étude très sérieuse relative à l’étendue et à la qualité des prestations
par rapport aux coûts engendrés. Ainsi, l’adhésion à une mutuelle complémentaire
maladie représente une dépense difficilement contournable, sauf à
posséder déjà une telle couverture dans le foyer familial.
Revenus soumis à cotisations
Dans une entreprise individuelle classique et dans une E.I.R.L. n’ayant pas
opté pour l’impôt sur les sociétés, ce sont les bénéfices de l’entreprise qui
sont soumis à cotisations sociales, qu’ils soient prélevés par le chef d’entreprise
ou laissés à la disposition de l’exploitation. Ce régime s’avère donc
très pénalisant pour des activités qui nécessitent des besoins financiers
importants : les bénéfices dégagés doivent être laissés dans l’entreprise
mais génèrent un coût social élevé.
Dans une E.I.R.L, E.U.R.L. ou une S.A.R.L. à gérance majoritaire, l’assiette sociale
diffère toutefois selon le régime fiscal de l'entité.
Si elle est assujettie à l’impôt sur le revenu, c’est l’ensemble de ses
bénéfices, dont la rémunération du ou des gérants, qui est soumis à cotisations.
Là aussi, il y a donc assujettissement de la totalité des bénéfices, que
ceux-ci soient prélevés ou non, comme dans une entreprise individuelle.
En revanche, si l'entité est assujettie à l’impôt sur les sociétés, la solution
est différente : les cotisations sociales ne seront dues que sur les seules rémunérations
effectivement prélevées par les gérants. Les bénéfices laissés à
la disposition de l’entreprise seront donc exclus de cette base de cotisations,
une différence qui peut entraîner de substantielles économies, surtout si l’entreprise
a besoin de fonds importants pour financer son développement.
Les cotisations dues
Les règles de détermination et de paiement des cotisations des travailleurs non salariés découlent de formules assez complexes. En effet, la base de cotisations étant liée au montant du résultat ou de la rémunération annuelle octroyée, les cotisations sont appelées avec un différé d’au moins 1 an. Pour éviter de trop fortes variations, des cotisations provisionnelles sont appelées en fonction des derniers revenus connus, s’il en existe, ou, à défaut, dans le cas d’une création par exemple, sur une base forfaitaire. Un décalage qui peut parfois entraîner des fluctuations importantes par le jeu de régularisations d’une année sur l’autre.
Régime d’assurance maladie-maternité
Le taux de cotisation est fixé à 6,5 %, dont :
- 0,6 % dans la limite du plafond de la Sécurité sociale ;
- 5,9 % dans la limite de cinq fois ce plafond.
- En plus, 0,7 % dans la limite de cinq fois ce plafond (pour les indemnités journalières des artisans et des commerçants).
Une cotisation minimale est due, calculée sur un revenu égal à 40 % du
plafond de la Sécurité sociale en vigueur le 1er janvier de l’année en cours.
Les cotisations sont en principe payables d’avance sur des bases provisoires,
une régularisation en fonction des revenus réels intervenant l’année
suivante (N+1), en fonction des revenus de l’année N.
Par exception, vous pouvez cotiser sur des bases provisionnelles réduites
les deux premières années. Ces bases sont égales :
- pour la première année, à 18 fois la base mensuelle de calcul des prestations familiales en vigueur en octobre de l’année précédente (soit 7 006 € pour 2011) ;
- pour la deuxième année, à 27 fois cette même base (soit 10 508 € pour 2011).
Une régularisation en fonction des revenus réels intervient au cours des
exercices suivants.
Le montant des cotisations à verser au cours de la première année d’activité
s’élève donc pour 2011 à 455 € (plus 49 € pour les indemnités journalières) et pour la deuxième année à 683 € (plus 74 € pour les indemnités journalières). L’année suivante, il s’élèvera à 683 €.
Le nouveau cotisant peut également demander à bénéficier d’un report de
ses cotisations provisionnelles pendant les 12 premiers mois, ainsi que d’un
étalement des cotisations définitives dues au titre de cette première année.
Ainsi améliore-t-il à court terme sa situation de trésorerie. Il doit cependant
bien conserver à l’esprit que des régularisations seront appelées. Il doit
donc en évaluer le montant et les provisionner afin de pouvoir faire face, à
l’avenir, à ces échéances.
Régime d’allocations familiales, CSG-CRDS
Les taux des cotisations sont les suivants :
- allocations familiales : 5,4 % des revenus ;
- CSG-CRDS : 8 % des revenus majorés des cotisations personnelles (dont 2,9 % non déductibles fiscalement).
La cotisation est calculée à titre provisoire sur la base des revenus de
l’avant-dernière année (N-2). Elle fait ensuite l’objet d’une régularisation en
fonction des revenus réels de l’année N.
Là aussi, les cotisations dues sont appelées sur des bases provisionnelles
pour les deux premières années d’activité. Ces bases sont les mêmes que
celles applicables pour l’assurance maladie-maternité.
La première année, le montant appelé est ainsi de 938 € (valeur pour 2011) ;
l’année suivante, de 1 408 € (valeur pour 2012).
Vous pouvez également demander le report de vos cotisations des 12 premiers
mois d’activité, avec les mêmes incidences financières dans le temps
que celles du régime d’assurance maladie-maternité.
Régime vieillesse, invalidité-décès
Le taux de cotisation du régime vieillesse de base est fixé à 16,65 % du revenu, retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Pour les industriels et commerçants, un régime de retraite complémentaire est institué, dont le taux est de 6,5 %, qui s’applique dans la limite de trois fois le plafond de la Sécurité sociale.
Les artisans bénéficient d'un régime complémentaire dont les taux sont les suivants :
- 7,20 % dans la limite de 35 138 €
- 7,60 entre 35 138 € et quatre fois le plafond de la sécurité sociale.
Les créateurs d’entreprise se voient également appliquer des cotisations provisionnelles calculées. Ces cotisations forfaitaires font ensuite l’objet d’une régularisation lorsque le revenu est définitivement connu.
Le montant des cotisations à régler sur cette base forfaitaire au cours de la première année peut être consulté sur le site du RSI : www.rsi.fr (rubrique barèmes).
Il est à noter qu’un régime particulier est prévu pour les professions libérales.
Il diffère selon la profession exercée, un certain nombre d’entre elles
ayant leur régime de retraite propre et autonome.
Le règlement des cotisations
Pour régler vos cotisations, vous avez le choix entre un versement mensuel ou trimestriel, sous réserve du régime prévu pour les micro-entreprises que nous venons d’exposer.
Le principe : le prélèvement mensuel
Les cotisations provisionnelles appelées sont prélevées en 10 versements
égaux de janvier à octobre, le 5 de chaque mois. Sur demande, vous pouvez
toutefois changer la date de prélèvement une fois par année civile pour
la porter au 20 de chaque mois (ou revenir au 5).
Les cotisations de régularisation, liées au calcul définitif, une fois le revenu
exact connu, sont en principe réglées en fin d’année, en novembre et
décembre, en deux fractions égales. Si la régularisation fait apparaître un
excédent de versement au cours des 10 premiers mois, le solde est remboursé
à l’intéressé au cours du 4ème trimestre.
LE VERSEMENT FORFAITAIRE SOCIAL LIBÉRATOIRE
DES MICRO-ENTREPRISES (RÉGIME DE L’AUTO-ENTREPRENEUR)
Depuis 2009, la loi de modernisation de l’économie de juillet 2008 permet aux entrepreneurs
bénéficiant des régimes micro-entreprises d’opter pour un dispositif
de versement libératoire de leurs cotisations sociales, appelé régime microsocial.
Ainsi, sous ce régime, les cotisations sont calculées forfaitairement chaque mois
ou chaque trimestre en appliquant un taux sur le chiffre d’affaires réalisé. Ce taux
est de :
- 12 % du chiffre d’affaires HT pour les entrepreneurs réalisant des ventes
de marchandises
et de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou fournissant
un logement, à l'expcetion de la location de locaux d'habitation meublés dont le taux est de 21,3 % ;
- 21,3 % pour ceux réalisant des prestations de services ;
- 18,3 % pour les activités libérales (relevant de la CIPAV).
Les créateurs qui souhaitent bénéficier de ce régime devront notifier leur option
dans les 3 mois de la création de leur entreprise à la caisse de base du R.S.I. Cette
option pour le régime microsocial est un préalable à l’application d’un dispositif
similaire existant en matière fiscale. Ainsi, cette option peut être exercée soit
uniquement pour les cotisations sociales, soit pour les cotisations sociales et le
règlement de l’impôt sur le revenu, mais pas seulement pour l’impôt sur le revenu.
Avant de choisir ce régime de taxation forfaitaire, le créateur devra vérifier qu’il
lui est effectivement plus favorable qu’un régime calculé sur les revenus réels. En
effet, en début d’activité, ceux-ci sont souvent faibles, et une taxation sur la base
d’un chiffre d’affaires et non d’un revenu n’est pas forcément favorable. Il est à
noter que ce nouveau statut permet également de bénéficier des mesures d’aide
à la création, de l’ACCRE notamment.
L’option : le règlement trimestriel
Sur demande expresse, ou si vous n’avez pas retourné l’autorisation de
prélèvement mensuel, en tant que travailleur non salarié, vous réglez vos
cotisations provisionnelles en quatre fractions égales les 5 février, 5 mai,
5 août et 5 novembre de chaque année. Les cotisations de régularisation
seront versées avec la dernière échéance, soit le 5 novembre. Si le calcul
définitif fait apparaître un solde en votre faveur, le crédit vous est remboursé
avant au cours du 4ème trismestre.
L’option pour le règlement trimestriel doit être effectuée avant le 1er novembre
pour prendre effet le 1er janvier suivant ou dans les 30 jours en cas de début
d’activité.
Les règles particulières en début d’activité
Les travailleurs non salariés débutant une nouvelle activité disposent d’un délai de 90 jours pour régler leurs premières cotisations. Ainsi, les cotisations dues au titre de l’année de début d’activité seront appelées en autant de mensualités (ou de trimestres si l’assuré a fait le choix du règlement trimestriel) qu’il y a de mois (trimestres) civils entre le 90e jour et le 31 décembre. Si le démarrage intervient après le 30 septembre, les cotisations seront réparties égalitairement sur les échéances de la deuxième année.
Dans les S.A., S.A.S. ou S.A.R.L. à gérance minoritaire
Application du régime des salariés cadres
Dans les sociétés anonymes, les sociétés par actions simplifiées et les
S.A.R.L. à gérance minoritaire ou égalitaire, c’est-à-dire les S.A.R.L. dont
le gérant ou l’ensemble des gérants détiennent au maximum 50 % du capital
social, les dirigeants rémunérés relèvent du régime des salariés et sont
obligatoirement assujettis au régime des cadres. Ils sont toutefois exclus du
régime des Assedic.
À ce titre, ils sont inscrits, comme l’ensemble des salariés, aux caisses Urssaf
(qui inclut la maladie), retraite de base et retraite des cadres et prévoyance.
Les cotisations dues
Contrairement au régime des travailleurs non salariés, les cotisations du régime des salariés sont versées au fur et à mesure du paiement des rémunérations. Il n’y a donc pas de décalage dans le temps entre le fait générateur des cotisations et leurs dates d’échéance. Chaque trimestre (chaque mois pour l’Urssaf, si l’entreprise compte plus de neuf salariés), la société doit verser aux organismes sociaux les cotisations qui se rapportent aux rémunérations attribuées sur la période écoulée. Elle est redevable de la part patronale comme de la part salariale, qu’elle retient directement sur le bulletin de paie et qu’elle collecte au profit de l’organisme pour le compte du dirigeant.













