AccueilB.A BaDossier spécialBusiness Angels : Argent et réseaux pour doper la croissance

BUSINESS ANGELS : ARGENT ET RÉSEAUX POUR DOPER LA CROISANCE

Pour un jeune créateur en quête de fonds, les business angels recèlent bien des atouts. Argent et effet réseau boostent la croissance !

Qu’est-ce que c’est ? Les business angels sont des investisseurs privés, souvent eux-mêmes chefs d’entreprise, qui investissent dans des créations d’entreprises en échange d’une entrée au capital de celles-ci. Ils peuvent investir individuellement ou via un groupement, pour des montants variables mais n’allant généralement pas au-delà de 500 000 e. En France, on compte environ 4 250 business angels, avec une moyenne d’intervention de 223 000 €, selon le réseau France Angels. Le vrai plus de ces investisseurs ? Outre l’argent, bien sûr, ils apportent souvent leur expérience, leurs contacts. En effet, ces professionnels s’investissent certes au niveau financier, mais aussi de manière très concrète : ils proposent le plus souvent une expertise, un carnet d’adresses, une vision stratégique qui se révélera être un vrai booster de développement pour une jeune entreprise.

Pour qui ? Les business angels sont une source de financement idéale pour de jeunes entreprises en amorçage, ayant besoin de fonds pour la création ou le développement rapide de leur activité. Le Web et les nouvelles technologies sont appréciés, mais tous les secteurs peuvent faire appel à ces investisseurs. Attention : n’oubliez pas que ce sont avant tout des investisseurs : les critères d’investissement varient selon les fonds, mais leurs exigences sont élevées ! Le dossier doit bien entendu être solide, démontrant de réelles opportunités de croissance et donc de rentabilité pour ces investisseurs.

Qui contacter ? Pour trouver des business angels, le plus simple est de passer par un réseau. Le plus connu est France Angels (www.fran ceangels.org). Mais il existe aussi des groupes de business angels thématiques. Ainsi, Angels Santé est spécialisé dans le financement de projets liés au monde de la santé. D’autres groupes sont spécialisés dans le domaine de l’image, des softwares, du développement durable. En général, ces réseaux thématiques interviennent sous la forme de co-investisseurs aux côtés de business angels locaux plus généralistes. Enfin, pour des créateurs ayant des projets visant à terme l’international, il peut être enrichissant de se rapprocher de réseaux de business angels internationaux tels que Eban (www.eban.org).

Nos conseils : Pour convaincre, l’exercice mixe dossier, business plan et executive summary – une synthèse du projet dont le but est de susciter l’intérêt en un minimum de temps (présentation, coût, gains potentiels, valeur ajoutée...). Puis vient le pitch, une présentation orale dont le but est de faire rêver et de convaincre en dix minutes chrono ! Même avec un projet très technique, il faut être pédagogique. Sans raconter n’importe quoi : les réseaux sont de plus en plus spécialisés, voire font appel à des experts sectoriels. Autre conseil : le business angel n’est pas un banquier. L’aspect humain est primordial. L’investisseur doit pouvoir se projeter dans une relation à moyen terme avec l’entreprise et l’entrepreneur, sentir que ses conseils seront écoutés, que son approche sera appréciée.

Lily-Liste
Maitis Chalain et Florence Bertholet

« Grâce aux business angels, notre croissance s’est accélérée. »

C’est à la fin de son congé maternité que Florence Bertholet a eu le déclic : « J’avais travaillé à la gestion de la relation client chez Sephora et Wonderbox mais, depuis des années, je souhaitais créer une entreprise, explique-t-elle. Durant mon congé maternité, une amie, Maitis, m’a expliquée qu’elle avait été très déçue de sa liste de mariage créée sur Internet : elle ne pouvait pas la dépenser en ligne… » Florence et Maitis, toutes deux ingénieurs, décident donc, en mars 2010, de s’associer pour créer lily-liste.com, un site internet de liste de mariage rassemblant une quarantaine de prestataires partenaires, où les futurs mariés et pacsés pourront choisir leurs cadeaux directement en ligne. En parallèle, ils peuvent créer via Lily-Liste leur blog personnel autour de cet événement, avec informations pratiques pour les invités, photos...

Le modèle économique ? « Nous nous rémunérons via un pourcentage de l’apport d’affaires que nous générons chez nos partenaires. » La création de Lily-Liste a nécessité 130 000 € de fonds propres, réunissant apport personnel et aides. « Comme nombre de créateurs, nous pensions nous autofinancer au bout de la première année. Rapidement, on a vu que ce ne serait pas le cas, même si la société tourne bien. » Les deux créatrices se tournent vers les business angels. « Nous avons entamé les démarches en octobre 2010, et la levée de fonds a été bouclée en avril 2011. » En tout, les créatrices ont levé 220 000 € auprès de Paris Business Angels et de Femmes Business Angels. « Les démarches sont très longues. Pendant deux mois, nous voyions les réseaux une fois par semaine. Les présentations orales sont très stressantes, surtout au début. Après, nous étions rôdées, à force de répétitions entre nous. » Le plus éprouvant pour les créatrices a été l’étape des négociations : « Les discussions abordent des sujets sensibles comme la valorisation, le pacte d’actionnaires. Nous avons dû transformer notre SARL en SAS pour accueillir pas moins de vingt nouveaux actionnaires ! En terme de dilution du capital, nous avons dû revoir nos prévisions à la baisse, même si nous conservons 64 % du capital. Ce n’est pas facile au début pour un créateur, mais cela permettra à notre entreprise de grandir plus vite et mieux. L’autre atout, outre l’argent, c’est l’aspect conseil, réseau. Parmi nos investisseurs, nous avons des personnes très connectées, des professionnels du Web, du voyage, qui nous apportent beaucoup en termes de carnet d’adresses, d’expertise ! Parfait pour une entreprise en amorçage ! »

Suivez l’aventure de Maitis et Florence :
www.lily-liste.com