AccueilB.A BaDossier spécialAides financières, subventions, prêts d'honneur... pour booster ses fonds propres

AIDES FINANCIÈRES, SUBVENTIONS, PRÊTS D’HONNEUR... POUR BOOSTER SES FONDS PROPRES

Véritables coups de pouce financiers pour créateurs en phase de lancement, les aides, subventions et autres prêts d’honneur permettent souvent de boucler un projet, voire de déclencher l’attribution d’autres financements plus classiques. À condition de savoir se repérer dans le maquis des différents dispositifs.

Qu’est-ce que c’est ? De nombreuses aides financières et subventions peuvent être accordées aux créateurs essentiellement par l’État ou par les collectivités locales, comme le PCE (prêt à la création d’entreprise) d’un montant de 2 000 à 7 000 € sans garantie ni caution, ou encore le Nacre (nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise), qui comprend notamment un prêt à taux zéro de 10 000 € maximum. Toutefois, certaines fondations, associations ou organismes aident eux aussi des créateurs en leur accordant un don ou une bourse. Les prêts d’honneur, ces crédits à moyen terme, à taux zéro ou réduit, sont eux attribués par des organismes extra-bancaires (tels que Réseau Entreprendre, France Initiative…) à des créateurs sélectionnés sur dossier, sans condition de garantie. Ils permettent de compléter un apport personnel insuffisant. Quant aux subventions aux entreprises, elles sont généralement perçues plusieurs mois après le commencement de l’activité, car les critères pour les obtenir sont souvent en rapport avec des engagements (embauches, investissements…).

Pour qui ? Ces types de financement peuvent servir à remplacer l’apport du porteur de projet et à jouer ainsi un effet de levier pour l’obtention d’un financement bancaire complémentaire. Tout créateur a donc intérêt à solliciter une aide à la création. La difficulté réside dans la manière de trouver l’aide la plus appropriée à son profil parmi la multitude des dispositifs existants, une gageure car les critères de recevabilité varient d’un organisme à l’autre.

Qui contacter ? Justement, pour se repérer dans cette jungle, il y a le site semaphore.cci.fr. Cette base de données des CCI assez bien faite recense les différentes aides aux entreprises. Pour trouver celle qui vous convient, il suffit de renseigner trois critères : l’activité, la localisation et le projet de l’entreprise. Autre possibilité : consulter le site aides-entreprises. fr, un portail d’information sur les aides publiques aux entreprises, développé par l’Institut supérieur des métiers avec le soutien de l’État. Il propose notamment un répertoire où une recherche par profil et lieu d’implantation permet d’identifier les financements adaptés.

Nos conseils : Toutes les aides ne concernent pas forcément votre projet. Telle aide sera réservée à certains secteurs d’activité, telle autre ne s’adressera qu’à certains profils de créateurs, d’autres seront fonction d’investissements à réaliser. Il est donc indispensable de se renseigner au préalable sur leurs conditions exactes d’attribution, vous éviterez ainsi de perdre du temps en constituant inutilement des dossiers de demande. Et attention une fois l’aide obtenue, lorsque vous réaliserez votre plan de financement : certaines aides ont des délais de versement assez longs. Mieux vaut donc ne pas en tenir compte pour vos besoins de fonds au démarrage de votre activité.

Bagel Corner
Michaël Cohen et Rachid Ez-Zaïdi

« Obtenir un prêt d’honneur a rassuré les banques. »

Un petit pain tout rond, percé en son centre, recouvert de graines multiples et garni selon ses envies : c’est le bagel, un pain d’origine polonaise popularisé aux États-Unis. Et c’est la matière première de deux jeunes créateurs ambitieux, Michaël Cohen et Rachid Ez-Zaïdi, 23 et 25 ans. Certes, quelques boutiques proposent bien le bagel à Paris. Mais cette denrée rare pourrait être promise à un plus grand avenir grâce aux deux diplômés d’Advancia, l’école entrepreneuriale de la CCIP : « C’est en voyage d’étude en Hongrie que nous avons découvert le bagel à travers le concept bien rôdé d’une chaîne de restaurants spécialisés. Pour nous, c’était un nouveau business ! Notre idée : devenir LE spécialiste du genre en France. » Après une étude de marché solide, six mois de recherche seront nécessaires pour trouver le premier point de vente. « L’emplacement est un facteur clé de succès. Pour le trouver, nous avons sillonné Paris en scooter… avant de trouver le nôtre, dans le 5e arrondissement, via une agence. »

Pour se lancer, il aura fallu 200 000 €. « Nous avons chacun apporté 15 000 € d’économies, ce qui ne suffisait pas pour aller voir les banques. La solution ? Muscler nos fonds propres par des aides. Via le Réseau Entreprendre, nous avons été mis en relation avec Paris Initiative Entreprise. » Grâce à cette structure d’aide à la création, les deux porteurs de projet accèdent chacun à un prêt Nacre (nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise) de 10 000 €. Ces 20 000 € seront complétés par un prêt d’honneur de 6 000 €. « Avec ces deux dispositifs de prêts à taux zéro, nous sommes ainsi passés à 62 000 € de fonds propres, nous permettant d’aller sérieusement démarcher les banques. Certes, les procédures, les dossiers à remplir sont assez fastidieux, et l’on a pu douter de l’intérêt de consacrer autant de temps à les remplir. Mais cela vaut le coup : avoir un prêt d’honneur a rassuré les banques, car pour eux cela indiquait que notre dossier était passé devant un comité d’agrément. C’est un gage de sérieux ! Et en effet, au final, trois banques ont accepté notre dossier ! » Pas mal pour de tout jeunes créateurs.

Quatre mois après l’ouverture, les résultats sont au rendez-vous : « Nous tournons autour de 150 clients par jour, alors que notre prévisionnel tablait plus sur 50 à 70 clients pour les premiers mois. » Les deux jeunes créateurs sont donc déjà à la recherche d’un deuxième point de vente, premier pas vers un développement qu’ils espèrent à plus large échelle.

Suivez l’aventure de Michaël et Rachid :
www.bagelcorner.fr